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Changement à la constitution : le Bloc (re)tentera sa chance

PHOTO COURTOISIE

Le Bloc québécois a relancé le bal de la reconnaissance québécoise à Ottawa, un thème qui lui tient à cœur et que les autres partis appuient en principe, tout en faisant savoir que les changements proposés par Québec sont de nature largement symbolique.

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Le parti indépendantiste a déposé mardi matin une motion similaire à celle qui a récemment échoué aux Communes, mais, cette fois, sous une nouvelle mouture: les députés fédéraux devront se prononcer individuellement. Essentiellement, la motion, dont le vote aura lieu mercredi, relaie les mêmes propositions que le projet de loi 96 du gouvernement Legault: que le Québec puisse modifier seule sa portion de la constitution de 1867, qu’il puisse y inscrire que les Québécois forment une nation et que le français y est la seule langue officielle et commune.

Photo d'archives, AGENCE QMI

M. Blanchet s’attend à ce qu’une importante majorité d’élus fédéraux ne s’opposent pas à la motion. Dans les faits, les partis ont tous manifesté d’une manière ou d’une autre leur appui à la motion, comme ils l’avaient déjà fait à la mi-mai.

Le député libéral Anthony Housefather a tenté sans succès d’amender la motion, mardi, en y ajoutant la mention «dans un Canada uni» et avec une note sur le droit de la minorité anglophone de la province. 

Ce dernier juge néanmoins «limitée et symbolique» la portée de cette motion.

Le député conservateur québécois Richard Martel, a réitéré son soutien à la motion, tandis que le néodémocrate Alexandre Boulerice, dont le parti appuie les demandes de Québec, a indiqué qu’il «ne changera pas grand-chose dans la vie des Québécois», car elle n’a qu’une «valeur symbolique». Malgré cela, la question reste d’une importance capitale pour le chef bloquiste: elle est le cœur même de la dernière journée d’opposition du Bloc québécois pour la présente session parlementaire.

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

«La motion ne demande pas la permission au fédéral, elle demande de prendre acte d’une réalité, du fait que le Québec forme une nation et que cette nation est française», a déclaré M. Blanchet.

Une première tentative avortée  

Le 26 mai, une première tentative bloquiste avait été soumise à un vote par consentement unanime. C’est l’ancienne ministre libérale de la Justice Jody Wilson-Raybould qui avait défait de sa seule voix l’initiative du Bloc.

Mme Wilson-Raybould, aujourd’hui députée indépendante, avait apostrophé ses collègues sur Twitter, «consternée» qu’elle était de voir que la «partisannerie» pouvait conduire les députés «à mettre de côté les normes juridiques les plus fondamentales (et leur gros bon sens) et à essayer d'éviter de débattre de questions constitutionnelles déterminantes».Avec cette deuxième tentative, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a dit vouloir «démasquer» les députés qui n’appuient pas réellement le projet de loi québécois.

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