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Grève chez Exceldor: la coopérative accepte l’arbitrage proposé par Jean Boulet

La coopérative Exceldor se dit prête à accepter l'arbitrage proposé par le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, Jean Boulet, si cela peut permettre d’éviter le gaspillage alimentaire.

C’est ce qu’a confirmé la porte-parole de la coopérative Gabrielle Fallu à l’Agence QMI, mardi soir.

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(Une version erronée de notre article publié mardi soir indiquait que le syndicat acceptait l’arbitrage. Il s’agissait d’une erreur.)

Le Syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) continue, lui, à miser sur la négociation. «Pour l’instant il n’est pas question de nommer un arbitre dans le dossier. Les parties se sont rencontrées hier [lundi] et des pistes de solutions ont été proposées de part et d’autre», a fait savoir Roxane Larouche, représentante nationale pour les TUAC, en soulignant qu’une nouvelle rencontre est prévue vendredi,

Depuis trois semaines, les quelque 600 employés de l’usine de transformation de volaille à Saint-Anselme sont en débrayage. Faute d’options, quelque 260 producteurs québécois de volailles membres de la coopérative n’ont d’autres choix que de faire euthanasier environ 1 million de poulets à ce jour.

«Il est temps que le conflit se règle. Je crois encore que les parties peuvent en arriver à une entente négociée. Toutefois, à la demande des deux parties, je peux nommer un arbitre qui tranchera le litige. Cette demande de nomination d’arbitre mettra immédiatement fin à la fois au conflit et au gaspillage alimentaire», a proposé le ministre Boulet, mardi, dans une déclaration envoyée à l’Agence QMI à la suite d’une sortie d’Exceldor qui déplorait le manque d’avancées dans les négociations avec son syndicat.

Le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, avait aussi invité de son côté les deux parties à accepter l’offre d’aller en arbitrage. «Il est urgent que les parties concentrent toutes leurs énergies à la table de négociation», a fait savoir son cabinet en indiquant que «des scénarios d’euthanasie comme on voit présentement ne devraient pas exister».

Depuis mars, un conciliateur tente d’amener les deux camps à se rapprocher d’une entente, tandis qu’une médiatrice spéciale a été affectée au dossier par le ministre Boulet le 4 juin, sans succès jusqu’ici.

Service essentiel?

«Alors que nous atteignons le cap du million de volailles euthanasiées, qu’attend-on pour décréter des services essentiels dans le secteur de la transformation primaire ? C’est une réelle catastrophe pour laquelle il y a urgence d’agir», s’était indigné plus tôt en journée, mardi, le vice-président principal de la Division poulet d’Exceldor, Joël Cormier, par communiqué.

La coopérative a précisé qu’elle ne peut pas se tourner vers le Tribunal administratif du travail pour tenter d’obtenir un statut de service essentiel, puisque les lois ne le permettent pas pour le secteur de la transformation primaire.

Le ministère du Travail semble toutefois peu enclin à s’engager sur cette avenue. «Il faut souligner qu’aucune législation au monde ne restreint le droit de grève dans le secteur de la transformation alimentaire», a souligné Jean Boulet.

Ce conflit de travail entraine plusieurs perturbations dans le milieu de la restauration, où il devient de plus en plus difficile de se procurer du poulet.

Les travailleurs syndiqués d’Exceldor réclament d’obtenir un salaire de 25 $ de l’heure. Ils ont refusé, en mai, une offre qui aurait fait passer leur salaire de 20,71 $ de l’heure à 22,51 $ de l’heure, en plus du versement d’un montant forfaitaire de 1500 $ par employé.

Cette demande des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) aurait rendu la coopérative non concurrentielle, juge Exceldor.

Les travailleurs sont sans contrat de travail depuis juillet 2020.

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