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Québec pratiquement prête pour la zone verte

Isabelle Poirier, barmaid, et Mathieu Castilloux propriétaire du bar Borsalino à L’Ancienne-Lorette.

Photo Jean-François Racine

Isabelle Poirier, barmaid, et Mathieu Castilloux propriétaire du bar Borsalino à L’Ancienne-Lorette.

Il n’est pas impossible que la Capitale-Nationale passe en zone verte plus tôt que prévu en raison de la situation épidémiologique encourageante et de la forte couverture vaccinale de la région, estiment des experts. 

À l’heure actuelle, seuls la Côte-Nord, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec peuvent se targuer d’être en zone verte.

Le reste de la province, qui est passé au jaune hier, doit emboîter le pas le 28 juin.

Mais la Capitale-Nationale comptait moins de cas actifs par 100 000 habitants que deux des quatre régions déjà au palier minimal, hier. On dénombre un total de 65 cas actifs à Québec pour une population de 750 000 personnes, alors que la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, par exemple, compte 32 cas pour 90 000 personnes. 

D’ailleurs, 84,5 % de sa population âgée de 12 ans et plus est vaccinée d’une 1re dose – ou a pris son rendez-vous pour l’obtenir – et 13 % d’une seconde. Un passage précoce au palier de préalerte « ne serait donc pas surprenant », d’après l’épidémiologiste Kévin L’Espérance. 

« On voit plein d’indicateurs qui sont favorables et on constate depuis quelques semaines que les assouplissements s’accélèrent en fonction du contexte des régions », précise-t-il. 

« En très bonne position »

La situation est aussi encourageante dans les hôpitaux de la Capitale-Nationale, alors que seulement neuf patients y sont traités pour la COVID-19. Une donnée qui diminue sans arrêt depuis le 28 mai. 

« Les chiffres qu’on a depuis une dizaine de jours nous disent qu’on est en très bonne position, donc je pense qu’on va pouvoir devancer un peu le passage au vert dans la région », estime le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, faisant écho aux propos de M. L’Espérance.

C’est une bonne chose que les zones moins densément peuplées aient déconfiné plus tôt, affirme-t-il, « mais ce serait de bonne guerre que le premier ministre donne un peu plus de libertés au Québécois dans l’état actuel des choses ».

Pas la fin de la pandémie

Le Dr Simon invite toutefois le gens à être un tant soit peu prudents puisque le réseau de la santé, mis à mal pendant plus d’un an, a perdu beaucoup d’effectifs.  

S’il y avait une hausse d’hospitalisations, comme à la fin de l’été dernier, le délestage des autres opérations surviendrait beaucoup plus rapidement. 

De son côté, la professeure en santé publique de l’Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva tient à rappeler que le déconfinement n’est pas synonyme de la fin de la pandémie. 

« Il faut continuer d’être prudents tant que 75 % de la population n’a pas eu deux doses parce que les cas peuvent remonter de façon très rapide, notamment avec le variant Delta [indien] comme c’est le cas actuellement avec l’Angleterre », prévient-elle. 

– Avec Pierre-Paul Biron