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Un apprenti pilote qui a tué son ami s’en va en prison

Crédit photo: courtoisie de la Cour

Photo courtoisie

Dix ans après le drame, un apprenti pilote d’hydravion qui s’était écrasé dans le lac Geoffrion, à La Tuque, a écopé de 18 mois de prison pour conduite dangereuse ayant causé la mort de son ami de longue date.

Claude Bélanger.
Victime

Photo courtoisie

Claude Bélanger. Victime

« Le hasard a fait que vos 16 vols non supervisés ne se sont pas tous terminés de la même façon, mais malheureusement, votre entêtement à défier la réglementation a fini par coûter la vie à Claude Bélanger », a déploré le juge Jacques Lacoursière en condamnant Yves Julien lundi.

En septembre 2011, Julien était détenteur d’un permis d’élève-pilote lui permettant de voler seul avec l’approbation préalable d’un instructeur, mais pas de piloter avec quelqu’un à bord de son appareil Lake L4 200. 

Il avait tout de même fait monter son ami de longue date, Claude Bélanger, pour l’emmener à son chalet.  

Leur week-end en Haute-Mauricie a pris une tournure dramatique lorsque l’apprenti pilote a tenté d’amerrir à « quatre ou cinq reprises » avant que son hydravion s’écrase de plein fouet dans le lac. 

Yves Julien

Photo d'archives, Amélie St-Yves

Yves Julien

L’accident a coûté la vie de son ami, qui était âgé de 54 ans. 

« C’est un vol de trop qui s’est avéré fatal et la responsabilité tout entière vous revient », a sermonné le magistrat au palais de justice de La Tuque. 

Second procès

Rappelons qu’au terme d’un premier procès, en 2017, Julien avait été condamné à 42 mois de prison pour négligence criminelle ayant causé la mort. 

Or, il avait contesté le verdict et la Cour d’appel avait ordonné la tenue d’un second procès.  

Finalement, l’accusé a évité un second procès en enregistrant en mars un plaidoyer de culpabilité par visioconférence alors qu’il se trouvait à l’extérieur du pays. 

« J’espère que ça va clore le dossier et que tout le monde va pouvoir tourner la page et passer à autre chose », a laissé tomber Yves Julien avant de prendre le chemin de la prison. 

La famille de la victime est satisfaite de cette sentence longuement négociée avec la défense, a rapporté le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault. 

Message aux pilotes

En entérinant la suggestion commune de sentence, le juge Lacoursière a voulu transmettre un message aux conducteurs d’aéronefs. 

« Ceux-ci s’exposent à des peines d’emprisonnement ferme s’ils ne respectent pas les réglementations ou s’ils prennent des risques comme [Yves Julien] a fait, au point de commettre une infraction », a-t-il dit.

Il sera également interdit à Julien de piloter un aéronef pendant 5 ans après sa sortie de prison.