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Certification anticorruption: Granby veut laver plus blanc que blanc

Granby devient la première ville au Québec à se doter d’une certification anticorruption.

La municipalité de la Montérégie détient maintenant la certification ISO 37001, une norme internationale dont l’objectif consiste à se doter de règles pour réduire les risques de corruption au sein des organisations.

Trois ans de démarches 

Près de six ans après le dépôt du rapport de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, la commission Charbonneau, Granby fait un pas de plus pour assurer l’intégrité de son administration.

«On se donne des pare-feu pour qu’à chaque étape du processus d’octroi de contrats, on réduise les risques de corruption», a expliqué à l'Agence QMI le maire Pascal Bonin.

La conseillère en intégrité, Renée Roy, explique que les «zones de vulnérabilité» où la Ville s’exposait à la corruption ont été identifiées et que les mesures pour assurer une plus grande probité dans l’octroi des contrats sont maintenant en place.

La démarche dépasse cependant la simple question du processus d’octroi des contrats. La Ville creusera désormais davantage les antécédents des nouveaux employés et s’engage à protéger les éventuels sonneurs d’alerte.

«On a mis en place une ligne de signalement où les personnes peuvent dénoncer les gestes répréhensibles de façon anonyme», a détaillé Mme Roy, ajoutant que la Ville souhaite développer une «culture de l’intégrité» chez ses employés.

Le directeur principal du Bureau de normalisation du Québec (BNQ), Jean Rousseau, indique que la norme ISO 37001 permet aux organisations d’inspirer confiance au public, mais aussi à leurs gestionnaires qui savent que le processus de décision dans lequel ils sont impliqués a suivi un protocole rigoureux.

La fin de la corruption? 

Le maire Pascal Bonin estime que la plus grande difficulté des villes, surtout les plus petites, tient à la division des tâches entre les employés. À partir du moment où la personne qui octroie un contrat est aussi celle qui vérifie la qualité du travail, le risque de corruption augmente.

«Ce que la certification ISO dit, c’est qu’un employé ne peut pas être son propre vérificateur. Ce travail doit être fait par quelqu’un d’autre», a illustré le maire.

L’administration municipale demeure consciente que le risque «zéro corruption» n’existe pas. «Est-ce que ça veut dire qu’il n’y aura jamais de collusion ou de corruption à Granby? Ce n’est pas une garantie, mais disons qu’on a pris de sérieux moyens pour que ça ne nous arrive pas», a indiqué M. Bonin.

La certification à la norme ISO 37001 prévoit que les procédures suivies par la Ville seront auditées chaque année par l’Organisation internationale de normalisation.

Hydro-Québec vient pour sa part d’annoncer qu’elle est aussi certifiée à la norme internationale anticorruption. Le BNQ lui a délivré son certificat le 9 juin, selon le directeur principal, Jean Rousseau. Hydro-Québec devient ainsi la première société d'État à se qualifier à la norme anticorruption ISO 37001. Aucune entreprise privée n’a encore été accréditée à ce jour.