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La science pour prolonger la durée de vie des fraises du Québec

Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard

Les amateurs de fruits et légumes savent qu’il faut les manger rapidement – certains plus que d’autres – pour éviter le gaspillage.

Les fraises du Québec, dont la saison bat son plein, ne sont pas exemptes d'une détérioration pouvant être beaucoup trop rapide.

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Pour préserver les fraises et nos portefeuilles, des chercheurs de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) ont conçu des emballages bioactifs aidant à prolonger la durée de vie des fraises jusqu’à une douzaine de jours.

Le film d’emballage développé par l’équipe de la professeure Monique Lacroix protège les fraises contre les moisissures et certaines bactéries pathogènes, a-t-on expliqué mercredi, dans un communiqué.

«Cette pellicule novatrice est faite de chitosane, une molécule naturelle issue de la carapace de crustacés. Ce sous-produit de l’industrie alimentaire possède des propriétés antifongiques importantes permettant de freiner la croissance des moisissures. Le film d’emballage combine également des huiles essentielles et des nanoparticules d’argent, qui ont toutes deux des propriétés antimicrobiennes», a-t-on relaté au sujet de ces recherches publiées dans la revue «Food Hydrocolloids».

Pour sa part, la professeure Lacroix, une spécialiste en sciences appliquées à l’alimentation, a expliqué que «les vapeurs d’huiles essentielles protègent les fraises. Et lorsque le film entre en contact avec les fruits, le chitosane et les nanoparticules empêchent le développement de moisissures et de bactéries pathogènes en surface».

Le film d’emballage pourrait notamment être «inséré dans les papiers buvards sur lesquels les fruits sont actuellement déposés en industrie», a-t-on expliqué.

«Nos travaux ont démontré l’efficacité du film sur Aspergillus niger, une moisissure très résistante qui occasionnent beaucoup de pertes dans la production des fraises», a dit la professeure Lacroix.

On a de plus jumelé le film d’emballage à un procédé d’irradiation. Des tests ont montré des pertes de 55 % au 12e jour pour les fraises du groupe-témoin (sans film ni irradiation), de 38 % pour les fraises sans film d’emballage et de 25 % pour les fraises disposant d'un film d’emballage combiné à l’irradiation.

«En plus d’augmenter le temps de préservation, l’irradiation aidait aussi à conserver et même à augmenter la quantité de polyphénols dans les fraises. Ces molécules donnent leur couleur aux fruits, en plus d’avoir des propriétés antioxydantes», a-t-on mentionné.