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L'opposant russe emprisonné Navalny savait qu'il «violait la loi»

L'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny «savait qu'il violait la loi» en ne respectant pas les conditions d'une condamnation avec sursis alors qu'il était soigné en Allemagne après un empoisonnement, a assuré mercredi le président russe Vladimir Poutine.

«Cet homme savait qu'il violait la loi en vigueur en Russie», a déclaré M. Poutine durant une conférence de presse après sa rencontre avec Joe Biden, en référence aux violations d'une précédente condamnation qui imposait à Alexeï Navalny de pointer régulièrement auprès des services pénitentiaires.

Alexeï Navalny avait été transféré dans le coma dans un hôpital de Berlin en août après un empoisonnement en Russie dont il accuse le Kremlin. Il est resté près de six mois en convalescence en Allemagne et a été arrêté à son retour en Russie en janvier, les autorités lui reprochant de n'avoir pas pointé comme il aurait dû le faire.

En conséquence, sa condamnation à du sursis dans une affaire de fraude remontant à 2014 a été commuée en peine de prison ferme. Il est depuis incarcéré.

«En toute connaissance de cause, ignorant la loi, il est allé se faire soigner à l'étranger», a poursuivi M. Poutine: «Il a fait ce qu'il voulait».

«Il l'a fait en toute conscience pour être arrêté», a-t-il martelé.

Concernant le Fonds de lutte contre la corruption (FBK) d'Alexeï Navalny, récemment interdit et déclaré «extrémiste» et de participer aux législatives de septembre, M. Poutine a estimé qu'il avait «publiquement appelé aux désordres de masse, impliqué des mineurs (...) et avait publiquement indiqué comment fabriquer des cocktails Molotov».

Interrogé sur les désignations sous le statut d'«agents de l'étranger» qui se succèdent envers des médias indépendants ou des ONG, M. Poutine a estimé que ces organisations étaient soutenues par les États-Unis, qui considèrent selon lui la Russie comme un «ennemi et adversaire».

«Si la Russie est l'ennemi, quelles organisations les États-Unis vont-elles soutenir? Celles qui lui font obstacle», a-t-il dit.

M. Poutine, qui accuse Washington régulièrement de «deux poids - deux mesures» en matière de respects des droits de l'Homme, a évoqué le sort des partisans de Donald Trump arrêtés lors de la prise d'assaut du Capitole en janvier.

Il a aussi cité le cas du camp de prisonniers pour terrorisme à Guantanamo: «C'est les droits humains ça ?», s'est-il interrogé.

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