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Surchauffe immobilière: le défi de rester proche de l'école de ses enfants

Dans cette crise pour l'accès à la propriété, les chiffres ne trompent pas. Il faudra attendre longtemps pour retrouver un équilibre dans le marché, tellement il manque de logements au Québec.

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«On pourrait arriver avec entre 40 000 ou 60 000 logements neufs supplémentaires, puis probablement qu'ils trouveraient preneurs et qu'on ne ferait que rééquilibrer le marché immobilier», estime l’économiste Paul Cardinal de l’Association des professionnels de la construction et l’habitation du Québec (APCHQ).

Dans ce contexte de pénurie, une séparation devient cauchemardesque, comme le vit un père de deux garçons âgés de 10 et 12 ans.

«Le défi, c'était de trouver dans le quartier proche de l'école, pour être proche de l'école des enfants. Ça, c'est dans Rosemont, à Montréal», explique Sébastien Desgens.

«Ce sont les proprios qui décident» 

Sa quête pour trouver un logement à louer a d’abord été impactée par le fait qu’il a deux enfants en garde partagée. 

«Même avec un budget entre 1000 et 1500 $, puis personnellement, je trouve ça trop cher, je me disais: ''je vais trouver, je ne peux pas croire''. Puis, à chaque essai, c'était soit un taudis ou c'était très bien. Mais dans le contexte actuel, vraiment, ce sont les proprios qui décident», déplore-t-il.

Résigné, Sébastien Desgens a changé son fusil d'épaule pour un duplex à acheter. Et malgré un budget de 700 000 $, le Montréalais vivait des moments d’angoisse.

«Écoute, c'était rendu qu'à 2-3 heures du matin, j'étais encore en train de chercher sur Centris!» lance-t-il.

Et même s’il voulait à tout prix l’éviter, le père de famille s’est retrouvé à jouer le jeu de la surenchère en ajoutant de 20 000 à 80 000 $ de plus que le prix affiché dans ses offres.

«En deux mois, j'ai fait quatre offres. La dernière, j'espère qu'il va y avoir un dénouement heureux», dit-il.

Compromis 

Mais pour trouver preneur, Sébastien Desgens a révisé ses critères à la baisse, en trouvant un duplex.

«J'ai trouvé un compromis. Je vais habiter le deuxième, un loyer qui doit être rénové au complet, de grosses rénovations. Donc, le prix demandé n'était pas élevé, puis il y a eu seulement deux offres», indique-t-il.

Pour éviter que les surenchères explosent, les acheteurs rencontrés par TVA Nouvelles souhaiteraient tous que les enchères soient ouvertes.

Or, pour bien des courtiers, des enchères ouvertes sont synonymes de désavantages.

«Parce que c'est rare qu'on a plusieurs promesses d'achat et qu'il y en a juste une qui a 100 000 $ de plus. Je vous dirais qu'il y en a toujours deux-trois qui s'énervent plus que les autres», mentionne la courtière Mélanie Bergeron.

Cette dernière croit qu'il y aura moins de surenchère quand les prix seront ajustés à ce marché haussier.

«Le marché, en ce moment, est complètement déréglé. Graduellement, les prix vont s'afficher un peu plus élevés. Et, moi, ce que j'ai vu, dernièrement, ce sont des prix affichés un peu plus cher où il y a moins d'acheteurs», raconte-t-elle.

Toutefois, pour des acheteurs potentiels comme Sébastien Desgens, le sentiment d’impuissance peut devenir étouffant.

«Là, je suis "pogné" dans une bulle immobilière qui m'enlève le contrôle sur ma vie, on dirait», s’indigne-t-il.

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