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Aluminerie de Bécancour: la Cour d’appel tranche en faveur des étudiants

La Cour d’appel du Québec confirme le jugement de la Commission des droits de la personne : rémunérer les étudiants de l’Aluminerie de Bécancour moins cher l’heure que le personnel régulier était discriminatoire.

«Ils sont rémunérés un salaire inférieur pour la seule raison qu’ils poursuivent des études, les privant ainsi du droit fondamental garanti par la charte québécoise de recevoir un traitement égal pour un travail équivalent alors même que cette différence de traitement n’est pas fondée sur l’expérience, l’ancienneté, la durée de service, l’évaluation au mérite, la quantité de production, ni sur aucun autre motif valable», peut-on lire dans le jugement.

ABI faisait valoir que les jeunes accomplissaient seulement quelques tâches reliées au poste et que ça justifiait l’écart de salaire. Or pour le syndicat des Métallos, les chiffres démontrent qu’ils accomplissaient davantage de tâches que certains employés occasionnels, mieux payés.

«Il fait le même travail, c’est normal», a estimé le représentant syndical, Alexandre Fréchette. «Au même titre que si une femme fait le même travail que vous, c’est normal.»

Ce jugement va coûter cher à l’aluminerie : possiblement entre 2 et 3 millions de dollars. Les quelque 230 étudiants concernés devraient recevoir entre 15 000 $ et 35 000 $ dollars chacun. Un jugement qui fera jurisprudence selon le professeur Jean-Claude Bernatchez, spécialiste en relation de travail. «À partir du moment où la Cour d’appel met le pied là-dessus, ça va toucher toutes les entreprises du Québec.»