/finance/homepage

Conflit de travail chez Exceldor: plus de quatre millions de repas jetés aux poubelles

Des employés d’Exceldor à Saint-Anselme étaient toujours sur la ligne de piquetage hier.

Capture d’écran, TVA Nouvelles

Des employés d’Exceldor à Saint-Anselme étaient toujours sur la ligne de piquetage hier.

Le conflit de travail d’Exceldor, qui a gaspillé près de 40 millions de dollars de poulet et qui risque de faire bondir le prix du poulet, est une «honte» pour le premier ministre du Québec.

« Au détail, on parle d’entre 10 et 40 millions de dollars de repas jetés aux poubelles », a déploré Sylvain Charlebois, directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.

• À lire aussi: «Exceldor préfère euthanasier les poulets que de nous donner notre salaire»

• À lire aussi: Grève chez Exceldor: la coopérative accepte l’arbitrage proposé par Jean Boulet

• À lire aussi: L’UPA et les éleveurs pris en cage par les conflits de travail

À ce jour, plus d’un million de poulets ont été euthanasiés, ce qui est l’équivalent de quelque quatre millions de repas qui vont droit aux ordures.

Sylvain Charlebois chiffre ces pertes dans cette fourchette parce que la valeur de la volaille varie beaucoup selon qu’on l’achète en épicerie ou dans un restaurant.

L’employeur attaqué  

Hier, ni Exceldor ni Les Éleveurs de volailles du Québec n’ont voulu se mouiller pour chiffrer ce gaspillage. Chez les Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), on a piqué Exceldor.

« Qu’est-ce que l’employeur a fait pour contrôler les naissances parce qu’ils savaient depuis le 9 mai que ça s’en venait ? » s’est demandé à voix haute sa porte-parole, Roxane Larouche.

L’arbitrage mis de l’avant  

En journée, le premier ministre du Québec, François Legault, a dénoncé le gaspillage alimentaire, allant jusqu’à le qualifier de « honte ».

« Ça fait presque un mois qu’on euthanasie des milliers de poulets tous les jours plutôt que de les amener à l’abattoir, en raison de la grève chez Exceldor. C’est environ 13 % de la production de poulet au Québec qu’on jette à la poubelle chaque semaine », a-t-il dit en invitant le syndicat à l’arbitrage.

À des centaines de kilomètres de la grève, un camion transportant des poulets euthanasiés quitte la ferme Amédée Bazinet, à Saint-Hyacinthe.

Capture d'écran, TVA Nouvelles

À des centaines de kilomètres de la grève, un camion transportant des poulets euthanasiés quitte la ferme Amédée Bazinet, à Saint-Hyacinthe.

« Il faut mettre fin à cette honte. Une solution existe », a-t-il ajouté.

Au Journal, la porte-parole des TUAC, Roxane Larouche, a dit au contraire que « mettre une convention collective dans la gorge avec un arbitrage » n’allait pas régler la situation à long terme.

Vers une hausse de prix  

Hier, Sylvain Charlebois a rappelé que le poulet est déjà 8 % plus cher aujourd’hui qu’en janvier, et que ce conflit pourrait venir saler la facture.

« Toutes les viandes vont coûter plus cher, alors probablement que le conflit d’Exceldor n’aidera pas et contribuera à l’inflation », a-t-il analysé. 

« La création artificielle d’une rareté sur le marché créera certainement une pression à la hausse sur les prix pour le consommateur », a prévenu de son côté Jean-François Belleau, directeur des relations gouvernementales au Québec pour le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) .

Pour Daniel-Mercier Gouin, professeur en agroéconomie de l’Université Laval, d’autres facteurs qu’Exceldor peuvent expliquer les hausses de prix.

« Les prix très élevés des céréales, qui rentrent dans l’alimentation du poulet, auront aussi un impact sur le prix du poulet », a-t-il conclu.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.