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Des élus dénoncent des arrestations à Montréal

Des vidéos montrant l’arrestation de deux adolescents par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) après une bagarre à l’école font sourciller des élus montréalais, même si d’anciens policiers y voient une intervention sécuritaire.

Le 10 juin, le SPVM a répondu à un appel pour une bagarre entre jeunes dans le quartier Villeray et a procédé à l’arrestation sur place de deux adolescents.

Dans l’une des vidéos de l’intervention qui circulent sur les réseaux sociaux, on peut voir des policiers maîtriser au sol l’un des deux individus en semblant appuyer un genou sur son cou.

Les vidéos sont qualifiées de «préoccupantes» par le cabinet de la mairesse Valérie Plante, qui préfère attendre l’analyse du SPVM avant de commenter davantage.

«Ce genre de technique d’arrestation doit être utilisée uniquement en cas de danger imminent, ce n’est certainement pas le cas lorsque le suspect est menotté», a exprimé Abdelhaq Sari, porte-parole en matière de sécurité publique de l’opposition officielle, Ensemble Montréal, qui réclame une enquête indépendante sur l’intervention.

Le conseil municipal de Montréal avait adopté en août 2020 une motion pour interdire au SPVM d’employer «toute technique empêchant la personne visée de respirer [...] sauf en cas de dernier recours», à la suite de la mort par asphyxie de George Floyd, maîtrisé au cou par le genou du policier Derek Chauvin aux États-Unis.

Sécuritaire selon d’ex-policiers  

Mais pour trois ex-policiers consultés par Le Journal, l’arrestation s’est effectuée dans les règles de l’art.

«Tout ce qu’ils utilisent, c’est ce qui est enseigné à l’École nationale de police», pense Alfredo Munoz, ancien policier qui a été expert en emploi de la force. Il observe que les policiers mettent leur poids ailleurs que sur le cou des individus, même si leur genou est appuyé sur celui-ci.

Il croit que dénoncer publiquement ces images est une «erreur» de la part des politiciens municipaux.

«On est en train d’analyser la séquence des événements et l’emploi de la force», a indiqué David Shane, inspecteur au SPVM. «Des vidéos ne représentent pas l’intervention complète, a-t-il souligné. Il faut faire attention aux angles des vidéos et ça nous prend vraiment le contexte des interventions et les informations complètes pour être capables de tirer des conclusions.»