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Le crise du logement existe et il faut agir, jugent les Québécois

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Photo d'Archives, Agence QMI

Le Québec traverse une crise du logement et le gouvernement de François Legault devrait agir rapidement pour la régler, selon une majorité de Québécois.

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Quelque 82 % des Québécois sont effectivement d’avis que le gouvernement du Québec devrait en faire plus pour contrer la crise du logement, révèle un récent sondage Léger commandé par le Réseau québécois des OSBL d’habitation (RQOH) mesurant la perception des Québécois sur l’accès au logement.

«La CAQ ne veut pas nous dire qu’il y a une crise. Nous, c’est pourtant ce qu’on vit et ce qu’on entend, et on a des données probantes qui viennent corroborer ce qu’on observe sur le terrain, a indiqué la directrice générale du RQOH, Chantal Desfossés. À partir de ce constat-là, la CAQ doit bouger.»

Quelque 92 % des Québécois croient que le gouvernement du Québec «est l’acteur qui devrait assumer le plus grand leadership dans la crise du logement», selon les résultats du sondage mené auprès de 2000 répondants. Et 84 % des Québécois considèrent aussi que l’accès suffisant au logement abordable et sécuritaire pour les populations vulnérables est problématique à l’heure actuelle.

De son côté, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, se dit «consciente» que ce n’est pas facile pour bien des Québécois de trouver un logement qui correspond à leurs besoins.

«Il y a bel et bien un resserrement du marché locatif, a admis la ministre Laforest. La situation est difficile cette année et nous avons déployé un plan d’action musclé de 60 millions $ pour aider les locataires et les municipalités à faire face au 1er juillet.»

Jusqu’à maintenant, Québec a investi 730 millions $ pour la construction de 6600 logements abordables, un nombre jugé insuffisant pour Chantal Desfossés du RQOH, qui presse le gouvernement d’accélérer la construction de 12 000 logements abordables en attente, en plus d’en construire 5000 nouveaux par année.

«Les organismes sans but lucratif d’habitation [OSBL] sont une réelle solution pour créer un parc immobilier à l’abri de la spéculation et il faut augmenter l’offre de logements sociaux», a poursuivi Chantal Desfossés.

Se ruiner pour se loger

En juin 2020, le Regroupement des comités logement et associations de locataires au Québec dévoilait que le prix moyen d’un 4 1⁄2 au Québec est de 1032 $ par mois. De plus, selon des données de Statistique Canada, 34 % des ménages locataires québécois accordent plus de 30 % de leur revenu pour se loger.

Selon le sondage Léger, les personnes au revenu familial annuel brut de moins de 40 000 $, les locataires et les résidents de la région administrative de Montréal sont «significativement plus nombreux à être d’avis que le gouvernement devrait faire plus d’effort pour assurer l’accès au logement social.»

«En développant des logements abordables qui ne sont pas soumis aux lois du marché privé, ça va générer un effet d’équilibre par rapport à la pression qu’on subit [du marché immobilier]», a soutenu Chantal Desfossés.

Le Québec compte 1200 OSBL d’habitation pour 55 000 logements communautaires. «La valeur ajoutée pour investir dans le logement social, c’est les milieux de vie de qualité qui sont offerts. C’est des milieux d’intervention communautaires pour les aînés ou les personnes handicapées, et aussi pour les familles», estime la directrice du RQOH.

Bon à savoir

Au Québec, le logement social et communautaire se décline en trois grandes catégories, soit les habitations à loyer modique (HLM), les organismes sans but lucratif d’habitation (OSBL) et les coopératives d’habitation.