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Nouveau recours collectif contre Mindgeek

GEN - DEVANTURE DU 7777 DÉCARIE

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTR

Une nouvelle poursuite est intentée, en Californie, contre le géant montréalais Mindgeek, propriétaire de Pornhub, accusé par une trentaine de femmes d’avoir tiré profit de la diffusion de vidéos sexuelles les mettant en vedette sans leur consentement.

Certaines des 36 victimes étaient d’âge mineur au moment où les vidéos dans lesquels elles apparaissaient ont été tournés. Certaines vidéos auraient circulé à travers le large réseau de sites pornographiques appartenant à l’entreprise tentaculaire.

La poursuite a été lancée, jeudi, jour où, à Ottawa, le comité parlementaire qui s’est penché sur le cas de Pornhub a dévoilé son rapport final. Il recommande, dans ce dernier, de nouvelles lois pour mieux encadrer les fournisseurs de services internet et de sites pornos afin de combattre le fléau de l’exploitation sexuelle.

Une «entreprise criminelle»

En décembre dernier, Pornhub a été la cible d’une autre poursuite intentée en Californie, par un groupe d’une quarantaine de femmes. Ces dernières soutiennent que le site continue de faire de l’argent avec des vidéos qui ont été publiées sans leur consentement.

Au cours du même mois, une autre demande d’action collective a été déposée contre la société montréalaise, mais au Canada. Une Ontarienne a intenté une poursuite pour 600 millions $. Elle allègue avoir été agressée sexuellement à l’âge 12 ans, et qu’une vidéo de son agression circulait toujours sur Pornhub.

«MindGeek est la société de pornographie en ligne la plus dominante dans le
monde. C'est aussi l'une des plus grandes entreprises de trafic humain au monde. Et c'est probablement le plus grand dépôt non réglementaire de pornographie juvénile en Amérique du Nord et au-delà», est-il écrit dans le document judiciaire.

La poursuite décrit Mindgeek comme une «entreprise criminelle» digne des «Sopranos», notamment car ses patrons «ultra-riches» prennent des «mesures extraordinaires pour garder leurs identités et leurs activités inconnues».

Le montant de la poursuite n’est pas chiffré, mais l’avocat qui pilote le dossier, Michael J. Bowe, estime qu’elle pourrait rapporter des «centaines de millions» en dommages aux victimes.

L’entreprise est poursuivie sur 13 comptes, notamment pour intrusion dans la vie privée, racket, distribution de pornographie juvénile et trafic sexuel.

Cette poursuite est une nouvelle tuile qui tombe sur la tête de Mindgeek, visée depuis décembre par un premier recours collectif intenté par un groupe de 40 femmes.

Mindgeek contre-attaque

Dans une déclaration transmise à l’Agence QMI, Pornhub fait savoir qu’elle «examine en enquête» la plainte en question et décrit les allégations contenues dans la poursuite comme «totalement absurdes, complètement téméraires et catégoriquement fausses».

Elle attaque de front la crédibilité de l’avocat Michael J. Bowe, qu’elle décrit comme «un soldat de la campagne de l'ultra-droite pour stopper l'industrie du contenu pour adulte», un «pitbull juridique» de «groupes fanatiques qui embrassent des idéologies extrémistes» et qui mènent une «guerre sainte contre la pornographie légale et les travailleuses du sexe».

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