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Ses traitements de fertilité la ruinent

Assisted reproductive technology in fertility treatment

Illustration Adobe Stock

Afin de pouvoir concevoir un enfant avec son conjoint, Christelle a suivi quelques traitements de fertilité. Des procédures très coûteuses pour lesquelles elle a dû emprunter des milliers de dollars, et qui n’ont malheureusement pas porté leurs fruits.

Ces échecs répétés ont fini par user le couple qui, au bout du compte, s’est séparé. En plus de devoir trouver un autre logement et se réinstaller, Christelle est aussi aux prises avec de lourdes dettes. 

Ainsi, elle doit 18 000 $ sur ses cartes de crédit, 12 000 $ en prêt personnel et 3000 $ pour son prêt auto, soit un total de 33 000 $. 

Jusqu’au début de l’an dernier, elle réussissait à rembourser progressivement ses dettes tout en payant ses autres dépenses, mais quand la pandémie a frappé, le restaurant dans lequel elle travaillait a dû fermer ses portes. Résultat : elle perçoit la Prestation canadienne d’urgence de 2000 $ par mois, mais ce montant ne lui permet pas de faire face à toutes ses obligations financières.

Signaux d’alerte

Deux signaux l’inquiètent aussi fortement, indiquant qu’elle est sur une mauvaise pente et qu’elle doit prendre la situation en main. Bien que son budget ne soit pas déficitaire, depuis le printemps 2020, Christelle est uniquement en mesure d’effectuer les paiements minimums sur ses cartes de crédit. 

Ce faisant, elle rembourse seulement les intérêts sans réduire le capital et ne sera jamais en mesure de liquider cette dette. 

De plus, elle est incapable de mettre de l’argent de côté, car elle consacre la totalité de son revenu à ses factures courantes. 

« Ce sont deux signes avant-coureurs de surendettement indiquant qu’il faut agir rapidement avant que les conditions ne s’aggravent encore davantage. Christelle nous a donc contactés pour savoir quelles étaient ses options », explique Anne-Marie Marchand, qui est conseillère en redressement financier chez Raymond Chabot.

Elle souhaite pouvoir conserver son véhicule, car il ne lui reste qu’une année de paiements à effectuer sur celui-ci. Elle espère aussi qu’avec le déconfinement, elle retrouvera rapidement un emploi. Dans ce cas, sa voiture lui sera très utile pour ses déplacements.

Repartir du bon pied

Christelle a déjà fait faillite il y a quelques années, elle est donc très craintive et anxieuse à l’idée de devoir à nouveau entamer cette procédure. « Les conséquences d’une deuxième faillite sont lourdes. En effet, son dossier de crédit sera entaché pendant 14 ans au lieu de six, et elle ne sera admissible à la libération automatique qu’au bout de 24 ou 36 mois – selon les revenus – au lieu de 9 ou 21 mois », souligne Anne-Marie Marchand.

Heureusement, il existe une alternative : la proposition de consommateur. D’une durée maximale de cinq ans, celle-ci permet de conclure une entente avec les créanciers basée sur la valeur de ses actifs et de son revenu, mais d’un montant moindre que la totalité des dettes. 

« La proposition de consommateur est flexible, aussi nous avons offert aux créanciers de rembourser un montant moins élevé durant la première année, le temps que Christelle finisse de rembourser son prêt auto. Par la suite, elle aura une certaine marge de manœuvre et effectuera des paiements plus élevés durant les 48 mois restants à la proposition », mentionne Anne-Marie Marchand. Si elle réussit à décrocher un emploi, elle aura aussi la possibilité de rembourser plus rapidement sa proposition.

Les créanciers ont accepté son offre, ce qui a enlevé un lourd poids de ses épaules. Son dossier de crédit sera toutefois affecté pendant toute la durée de la proposition, et pour trois années supplémentaires par la suite. Mais elle aura réussi à prendre le dessus sur ses dettes et pourra adopter des habitudes financières plus saines. 

« Pour faire face aux imprévus et aux situations d’urgence, il est essentiel d’économiser afin de constituer un fonds d’urgence », recommande la conseillère. 

C’est d’ailleurs la première tâche à laquelle va s’atteler Christelle, maintenant qu’elle a repris le contrôle de ses finances.


Sa situation financière

Actif : 

Kia Sportage 2014 : valeur de 5840 $  

Dettes de consommation : 

Cartes de crédit : 18 000 $ 

Prêt personnel : 12 000 $ 

Prêt auto : 3000 $  

Total des dettes de consommation : 33 000 $

Revenus mensuels  

PCU : 2000 $ brut imposable  

Total des revenus : 2000 $

Dépenses mensuelles 

1820 $ (incluant loyer, téléphone, électricité, paiement prêt auto, assurances, épicerie, etc.)