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Surchauffe immobilière: peu de choix pour les jeunes familles

Il y a peu de choix d'habitations si vous voulez acheter dans un quartier central de Montréal. Le quart des ménages québécois aimeraient acquérir une propriété d’ici quatre ans, et les deux tiers privilégient une maison unifamiliale détachée. Tout le monde a presque les mêmes critères dans un marché où l’offre ne suffit pas. 

Notre journaliste Richard Olivier a effectué un exercice pour voir si c'était possible d'acheter une maison familiale avec trois chambres pour la somme de 500 000 $.

Avec l'aide de la courtière Marie-Claude Sirard, nous avons repéré, dans le système informatique des courtiers, les propriétés disponibles dans les quartiers centraux de Ville-Marie, Villeray-Parc-Extension-Saint-Michel et Plateau Mont-Royal. 

«Il y a 12 propriétés unifamiliales à vendre présentement», explique Mme Sirard. 

Celles-ci sont souvent petites, mal localisées ou en manque d’amour. «Ils payent 475 000 $ et ils vont peut-être devoir mettre 150 000 $ de travaux sur cette propriété-là», dit la courtière à propos d'une de ces 12 propriétés. 

Si vous avez 500 000 $ à investir à Montréal sur une propriété unifamiliale, ça ressemble à l'équivalent d’un shoebox de moins de 25 pieds de façade à côté d’un immeuble à logements. 

«Si on veut acheter une maison dans un marché central, elle risque d’être en mauvais état et on va investir beaucoup d’argent, et là ça risque de devenir un risque financier. Donc, ils sont mieux d’aller vers l’est», explique Mme Sirard. 

Selon Mme Sirard, la vente d'une propriété se compare à un spectacle. «On a la première, et si les critiques sont bonnes, le spectacle va lever, et pour l’immobilier c’est pareil», explique Mme Sirard. 

Si vous tenez encore aux quartiers centraux de Montréal, mieux vaut chercher pour une copropriété. Mme Sirard dit qu'il y en a 21 de type copropriété/appartements à vendre présentement. 

Les condos intéressent de plus en plus d’acheteurs. Dans le grand Montréal, il s’en est vendu 7% de plus comparativement à mai 2019. 

Pour 500 000 $, on a repéré un lumineux trois chambres de 1200 pieds carrés dans Rosemont. Mais là encore, il va falloir investir un budget important pour le mettre au goût du jour. «Si on change tous les planchers, la cuisine, les deux salles de bain, avec ce que ça coûte de main-d’œuvre, ça revient peut-être à 120 000 $-130 000 $», explique Mme Sirard. 

La conclusion, c'est qu'avec 500 000 $, un jeune couple doit mettre une croix sur les quartiers centraux s’il cherche une maison unifamiliale avec trois chambres. Les jeunes familles traversent donc les ponts définitivement; 63 000 personnes ont quitté la métropole l’an dernier, accentuant la crise immobilière dans les couronnes. 

Un marché qui commence à s'essouffler  

La bonne nouvelle, c’est que le marché commence à s’essouffler. «Cette tendance va perdurer au cours des prochains mois. On s’attend à ce que la progression des prix soit moins forte que celle qu’on a connue au cours de 10 derniers mois», explique Charles Brant, directeur de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec. 

Il est encore temps de renverser la vapeur à moyen terme, selon Jean-Marc Fournier, président-directeur général de l’Institut du développement urbain du Québec. Mais il faudra un effort concerté de tous les paliers de gouvernement pour stopper cet étalement urbain néfaste pour le climat.

«À un moment donné, il va falloir qu’on en prenne conscience, et à travers cette vie qui change, il va y avoir moins d’étalement urbain, plus de transport collectif, il va y avoir des charges accrues pour prendre son automobile», explique M. Fournier. 

D’ici à ce que des gestes des différents paliers de gouvernement rectifient le tir, des gens peineront à trouver la maison idéale selon leur budget. 

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