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Tragédie de Lac-Mégantic: une autre commission d'enquête publique indépendante réclamée

La Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire exige un moratoire sur le transport du pétrole par train à Lac-Mégantic.

Son porte-parole, Robert Bellefleur, en a fait la demande formelle au gouvernement, jeudi après-midi, alors qu’il a témoigné devant le Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités (TRAN).

Le Comité a le mandat d'examiner, entre autres, le travail de Transport Canada et celui d'Infrastructure Canada.

La tragédie ferroviaire survenue à Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013, emportant avec elle 47 personnes, fait de Lac-Mégantic un cas particulier qui demande un statut particulier, croit la Coalition. Selon elle, les citoyens ont assez souffert et méritent d'être mieux protégés.

Robert Bellefleur a demandé à Ottawa d'imposer au Canadien Pacifique un moratoire qui lui interdira, dans le futur, de transporter du pétrole par train à Lac-Mégantic et aux alentours. Et ce, même si une voie de contournement sera éventuellement construite.

«La voie de contournement est nécessaire parce qu'actuellement, il y a des matières dangereuses qui circulent sur les voies ferrées. Ces matières servent à nos industries locales et régionales. Par contre, pour ce qui est du pétrole de transit, celui qui vient de l'Alberta ou du Dakota et qui ne fait que passer par Lac-Mégantic ou Sherbrooke avant d'être exporté, c'est différent. On ne veut plus vivre avec les risques associés à ce transport-là», a mentionné le porte-parole.

La Coalition a aussi profité de son passage devant le Comité pour exiger, une fois de plus, qu'une commission d'enquête publique indépendante sur la tragédie ferroviaire soit tenue.

Elle revient à la charge même si cette demande lui a maintes fois été refusée par les gouvernements, que ce soit les conservateurs après la tragédie ou les Libéraux par la suite.

Robert Bellefleur a souligné que les citoyens avaient besoin de connaître les causes exactes qui ont mené au déraillement mortel et qui en est responsable.

«Jusqu'à maintenant, on a l'impression que tout a été caché et camouflé. Sans ces réponses, comment voulez-vous qu'on améliore la sécurité ferroviaire au Canada», s’est interrogé M. Bellefleur.

La commission d’enquête serait la «meilleure approche» pour revoir l'ensemble des règles ferroviaires au Canada, ainsi que pour prévenir d'autres tragédies ailleurs, a poursuivi le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire.