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Deux patients en fin de vie meurent dans les couloirs de l’urgence de Chicoutimi

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, deux patients en fin de vie sont décédés dans les couloirs de l'urgence de l’hôpital de Chicoutimi dans les derniers jours, faute de places sur les étages.

Le manque de lits serait étroitement lié à la pénurie de main-d'œuvre qui frappe le réseau régional de la santé.

Selon les informations obtenues par TVA Nouvelles, l'un de ces patients était atteint du cancer. À la Maison de soins palliatifs du Saguenay, on a confirmé devoir refuser des patients, là aussi faute de places.

Douze lits sont disponibles, mais actuellement, seulement neuf sont en opération en raison de la pénurie de personnel.

«C'est malheureux, mais notre personnel est formé pour faire face à ce genre de situation, a réagi la présidente-directrice générale du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Labbé qui rappelle que ce type d'événement se produit à l'occasion dans les urgences de la région. Quand c'est possible de le faire, on crée de l'intimité pour que les familles puissent être près de la personne.»

Elle a refusé de divulguer les détails entourant ces deux événements.

Pour la présidente du Syndicat des professionnels en soins affilié à la FIQ, Julie Bouchard, c'est inacceptable.

«C'est le contexte qui est inacceptable, a soutenu Mme Bouchard. C'est très difficile sur le plan émotionnel de devoir offrir des soins de fin de vie dans un corridor d'hôpital.»

L'ultimatum lancé mercredi par des infirmières de l'urgence de Chicoutimi à leur patron a permis de trouver des compromis, mais à court terme, il n'y a pas de solutions miracles.

«Personne n'a de baguette magique, mais nos représentantes étaient satisfaites du retour de la direction, a-t-elle. On remercie d'ailleurs les travailleurs qui ont déjà travaillé à l'urgence et qui ont accepté d'y revenir pour faire du temps supplémentaire dans les prochains jours.»

Une autre rencontre est prévue mercredi. Près de 12 000 quarts de travail sont à combler pour la période estivale, soit 9 % de tous les quarts. Une liste a été publiée au cas où des travailleurs souhaiteraient se porter volontaires.

«On essaie de se sortir de la dynamique du temps supplémentaire obligatoire pour permettre à nos travailleurs de mieux choisir, a précisé Mme Labbé. On a fait appel aussi à des infirmières du milieu scolaire et certaines d'entre elles ont répondu positivement à l'appel.»

Les autorités de la santé doivent aussi jongler avec l'absence de 1400 travailleurs dans l'ensemble du réseau régional.

«On a du personnel qui est en choc post-traumatique avec l'année difficile qu'on a eu, a-t-elle raconté. Nos travailleurs ont eu des vacances l'été passé, mais on a tellement été happé par la COVID donc c'est essentiel qu'ils puissent avoir des vacances cet été. On est conscient de l'épuisement de nos équipes sur le terrain.»

Il n'est pas question à court terme de fermer définitivement des services. Seules des modulations temporaires sont à prévoir.

Julie Labbé tient à rassurer les citoyens: «Il faut que la population vienne chercher les services et elle aura les services dont elle a besoin».