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«J’ai encore ma place» - Anick Dumontet

gingras

Photo courtoisie

Anick Dumontet entreprendra bientôt sa 13e saison à la barre de «Roue de fortune», où elle fera de nouveau le bonheur de bien des gens d’un peu partout au Québec. À la veille de ses 50 ans, l’animatrice est bien dans sa peau et fière des choix qu’elle a faits dans sa vie personnelle et dans sa vie professionnelle. 

Anick, ton travail d’animatrice à «Roue de fortune te permet», chaque année, de rendre des gens heureux et de changer leur vie. Comment vis-tu cela?

Quand je regarde mon existence de très loin, je me dis que jamais je n’aurais pensé gagner ma vie de cette façon. Imagine: j’ai un emploi où je m’amuse et qui est inusité. Quand tu fais ton choix de carrière, tu n’imagines pas que tu vas animer «Roue de fortune»! J’ai la chance de rencontrer des êtres humains qui ne sont pas des artistes et qui vont gagner de l’argent. Si tu savais comme c’est enrichissant! Je suis chanceuse.

Tu es en quelque sorte une marchande de bonheur!

Oui! Et c’est l’fun de savoir que ces gens-là vont se souvenir très longtemps de ce moment. Je me demande toujours comment la personne qui est à mes côtés se sent 30 secondes avant de tourner la roue, parce qu’elle est à moins d’une minute de savoir si elle va être millionnaire. Je me dis que j’aimerais ressentir leur niveau de stress. Je sens leur fébrilité, ils nous font part des besoins qu’ils ont et on voit les rêves qu’ils s’imaginent. On s’attache à eux. Il y en a qui veulent réaliser un rêve qu’ils caressent depuis très longtemps. Pour d’autres, ça va vraiment changer leur vie, parce qu’ils en ont besoin ou parce qu’ils ont vécu quelque chose de bien difficile. C’est différent pour chaque personne. Il y a un monsieur en Abitibi qui avait deux emplois pour subvenir à ses besoins. Depuis plusieurs années, il retapait sa maison. Il était tellement attachant! Chaque fois qu’on va en Abitibi, il vient nous voir. Pour lui et sa famille, c’est sûr que ça a changé beaucoup de choses. On a eu un grand frisson ce jour-là.

C’est vrai que ça change une vie de gagner un gros montant d’argent!

Tu sais, Daniel, on ne donne pas 50 millions; le plus gros montant qu’on donne est un million. Avec 50 millions, tu peux vraiment perdre la tête et faire n’importe quoi. Mais un million, aujourd’hui, ça te permet de remettre ta vie à la bonne place!

Tu es maintenant porte-parole d’une compagnie de produits de beauté et de coiffure...

Oui, La Biosthetique est une belle compagnie française-allemande de soins de beauté, de produits pour les cheveux et de maquillage. J’ai un contrat d’un an en tant que porte-parole. C’est une première pour moi, et je suis super contente.

Écoutez l'entrevue d'Anaïs Guertain-Lacroix avec Anick Dumontet sur QUB radio: 

Comment as-tu réagi quand on t’a offert ce mandat?

Je trouve ça très flatteur que la compagnie n’ait pas choisi, par exemple, une fille de 28 ans. Je n’ai rien contre ça, mais je me suis dit qu’à 50 ans, on a encore notre place. Les femmes de mon âge sont quand même de grandes consommatrices de produits capillaires. On est vues, on est là, on est importantes et on est des clientes, alors ça vaut la peine de prendre soin de nous. Quand on aime notre apparence, on est heureux dans la vie. Parfois, les gens disent que c’est superficiel, mais non; l’idée, c’est que ça te rende heureux. Si tu n’en as pas besoin du tout, c’est parfait. Mais si tu sens que tu as besoin d’un produit pour les cheveux ou d’un rouge à lèvres, et que ça peut t’aider à aimer ta vie et à te sentir bien, fine! C’est comme une paire de souliers confortables: il y en a qui n’en ont pas besoin, et d’autres pour qui c’est un bonheur. L’essentiel de ta vie n’est pas joué là-dessus, mais c’est comme le chou sur un cadeau.

Parlant de bonheur, t’est-il arrivé d’avoir à poser des gestes concrets pour en arriver à trouver ou à retrouver le bonheur?

Je l’ai fait quand je me suis séparée, que j’ai quitté ma grosse maison et que j’ai pris la décision de provoquer un changement dans ma vie parce que j’étais malheureuse. Je n’étais pas démolie, c’est juste que j’étais triste. Un jour, j’étais dans la cuisine et ça m’a frappée: je me suis demandé ce que j’allais faire. Il me fallait changer une relation qui durait depuis 11 ans et dans laquelle il y avait beaucoup de choses impliquées, dont un enfant. Nous étions même fiancés. Le début de la réflexion s’est fait tranquillement, car je ne suis pas le genre de fille qui change d’idée du jour au lendemain. Je me disais que c’était normal d’avoir des bas et que ça allait revenir. Ça m’a pris environ deux ans à bien réfléchir et à me dire que c’était fini. Dans ma tête, il fallait que je me sauve et qu’il y ait un changement, parce que je dépérissais. J’étais de plus en plus malheureuse et je n’étais pas épanouie.

Crois-tu que la pandémie a amené beaucoup de femmes à réfléchir à leur avenir?

Moi, j’ai enfin pensé à mon avenir quand je me suis séparée. Pendant la pandémie, j’ai plutôt compris que j’étais sur la bonne voie et que mes dernières décisions en avaient valu la peine, comme celle d’avoir investi dans une mini-maison et dans mon terrain sur la Rive-Sud. J’étais contente de ne pas avoir de soucis financiers, parce que j’avais mis beaucoup de sous de côté. Dans le milieu artistique, on est quand même considérés comme des gens ayant un job précaire. Du moins, quand on va à la banque, c’est ce qu’on nous dit...

Comme tout le monde, tu as passé beaucoup de temps chez toi ces derniers mois...

Au début de la pandémie, mon ado a été beaucoup à la maison. Moi, je suis habituée à travailler de chez nous, parce que lorsque je ne fais pas «Roue de fortune», j’ai une grande période où je suis à la maison. Il y a des gens qui me demandent pourquoi je ne travaille pas. C’est parce que je suis une mère et que je n’ai pas besoin de travailler plus; je gagne bien ma vie. Alors qu’on était en pleine crise, je me suis demandé ce qui était le plus important pour moi, et j’ai réalisé que c’était mon enfant et ma maison. C’est le choix que je fais depuis déjà 12 ans. Il y a beaucoup de personnes qui ont remarqué, depuis un an, qu’on vivait bien trop vite... Moi, ça fait 12 ans que je l’ai remarqué, et la pandémie a confirmé que tous les choix que j’avais faits étaient bons et sages. Avec le temps, j’apprécie encore plus la stabilité de ma petite vie familiale et de mon cocon. C’est précieux.

Tu vas bientôt amorcer une 13e année à l’émission «Roue de fortune» et tu auras 50 ans en décembre. Qu’est-ce que ça te dit tous ces chiffres?

Ça me dit: «”My God” que je suis chanceuse!» Ça va faire 25 ans que je travaille en télé et j’ai toujours travaillé. Je n’ai jamais arrêté, ne serait-ce que durant six mois, mis à part pour mon congé de maternité. Maintenant, je suis sur le point d’avoir 50 ans, une période où on change beaucoup, et j’envisage l’avenir avec beaucoup d’optimisme, même si c’est une adaptation. Quand j’étais plus jeune, l’idée d’avoir 50 ans me faisait peur, mais je dirais que finalement, c’est d’atteindre la quarantaine qui m’a le plus traumatisée. Maintenant que j’aurai 50 ans, je me dis: «Ben coudon!» Je trouve qu’on est chanceux, à l’époque où on vit, parce qu’il y a plein de possibilités pour les gens de 50 ans. Oui, on vieillit et notre corps change, mais c’est vrai qu’on est plus sages et qu’on s’accepte plus. Je suis plus épanouie et j’ai moins de complexes avec le temps qui passe. C’est sûr qu’on est plus vieux, mais on s’habille «relax», on fait du sport, des activités en plein air, et on se sent plus jeune. Ma grand-mère n’aurait jamais porté des pantalons en coton ouaté à 50 ans!

Comment composes-tu avec le bonheur et le fait de vieillir?

Avec le temps, il faut choisir quel parcours on veut avoir. Il y a tellement de belles actrices américaines et québécoises qui vieillissent et qui sont bien. Les hommes vieillissent eux aussi, mais est-ce qu’ils se posent autant de questions? Non. J’ai un côté très féministe, et je veux simplement être bien. Je ne veux pas évaluer la valeur de ma vie par rapport à l’âge que j’ai. J’ai eu 20 ans, 30 ans, 40 ans; maintenant je suis rendue à 50 ans, et je veux être bien où je suis rendue. C’est notre responsabilité d’être heureux, peu importe notre âge. Personne ne peut me rendre heureuse, aucune «job» ne peut me rendre heureuse. Le bonheur est un choix qu’on fait. Ça a l’air tellement quétaine de dire ça, mais dans le fond, c’est vrai! L’important, c’est de travailler pour être bien et heureux, de s’accepter et de s’apprécier. Si on ne s’aime pas, il faut changer quelque chose! C’est la même chose pour les gens qui nous entourent. Il y a parfois des gens qu’on n’a pas le choix d’avoir dans son entourage, mais qui nous rendent malheureux. Il faut alors peut-être s’organiser pour les voir un peu moins. C’est la même chose avec le travail: il faut faire ce qu’on aime. Le bonheur, c’est juste de vivre, de prendre soin de soi et d’être heureux en dedans.

Au fil des ans, tu conserves toujours la même silhouette. Quels sont tes secrets?

Bien non! Je suis comme l’univers: toujours en extension! (rires) Je me suis entraînée toute ma vie, car il suffit que je regarde un sac de chips à la télé pour que j’engraisse! Je dois faire attention, alors j’essaie d’avoir un mode de vie sain. Cet hiver, j’ai trouvé ça plate que les gyms soient fermés, et comme bien du monde, mon sport préféré a été d’être sur mon divan et de regarder des séries télé et des films. Heureusement qu’il y avait le ski. J’en ai fait avec mon fils, parce qu’il ne pouvait pas jouer au hockey. Et la vie m’a récemment envoyé deux belles choses pour me remonter le moral: mon contrat avec La Biosthetique, qui a commencé en février, et un contrat avec l’entraîneur Jimmy Sévigny pour promouvoir son thé GoMatcha! Je m’entraîne donc à l’aide de sa plateforme d’entraînement en ligne, Aktivation, qui m’a permis de me remettre en forme durant huit semaines et d’avoir accès à une nutritionniste. Comme tout le monde, j’avais un petit gras de confinement. Il n’est pas nécessaire d’être une Miss Fitness, mais bougeons et essayons de garder une certaine mobilité et un bon niveau d’énergie. Ça vaut la peine.

Pour plus d’info sur les produits de beauté La Biosthetique: labiosthetique.com. Pour connaître ses activités, suivez Anick sur ses réseaux sociaux.

«Roue de fortune» de retour bientôt!

La saison de «Roue de fortune» commencera par 10 émissions enregistrées en studio en 2020 et qui seront rediffusées du 26 juin au 25 juillet après «Salut Bonjour week-end». Suivront 28 nouvelles émissions de 2021, que les téléspectateurs pourront voir en semaine, du 26 juillet au 9 septembre, après «Sucré Salé», en début et en fin de soirée.