/news/world

Le mari d'une infirmière disparue depuis six mois accusé

Le mari d'une infirmière de 33 ans, mère de deux enfants, mystérieusement disparue depuis six mois dans le sud de la France, a été accusé et écroué vendredi après des mois d'investigations et de battues pour retrouver la jeune femme.

• À lire aussi: Le mari d'une infirmière disparue en France depuis six mois arrêté

• À lire aussi: Mystérieuse disparition d’une mère de famille en France

Cédric Jubillar «a été mis en examen pour homicide volontaire par conjoint et vient d'être placé sous mandat de dépôt. (...) M. Jubillar conteste son implication dans cette affaire», a déclaré le procureur Dominique Alzeari, lors d'une conférence de presse.

Il venait de passer 48 heures en garde à vue. Sa mise en examen (inculpation) est «juridiquement incohérente», s'est indigné son avocat Me Jean-Baptiste Alary. Il a dénoncé l'absence de «preuves réelles» et juge le chef d'inculpation disproportionné.

Il pointe aussi «la manière dont la garde à vue s’est déroulée, c’était un moyen de pression psychologique pour le faire craquer, ça n’a pas fonctionné, car peut-être, tout simplement, ses dénégations sont réelles, c’est une possibilité à laquelle les magistrats ont été insensibles, comme les enquêteurs».

L'épouse de Cédric Jubillar, Delphine, avec qui il était en procédure de divorce, n'a plus donné signe de vie depuis la mi-décembre, disparue en pleine nuit du domicile familial de Cagnac-les-Mines, une ancienne cité minière de 3000 habitants dans le sud-ouest.

La disparition de l'infirmière signalée par son mari, avait suscité un grand émoi dans la région et eu une résonance nationale. Ses proches ont organisé maintes battues et marches citoyennes. Cédric Jubillar lui-même y avait participé.

AFP

La «disparition criminelle est privilégiée», il y a une «présomption d'homicide» et les recherches de la mère de famille se poursuivent à «un haut niveau», a déclaré le procureur, mettant l'accent sur un «contexte de séparation très conflictuel» avec une violente dispute le soir du 15 décembre dont a été témoin leur fils de 6 ans.

Peintre-plaquiste d'une trentaine d'années, Cédric Jubillar a toujours nié toute responsabilité. Et pendant sa garde à vue, «il a maintenu ses déclarations malgré de longs interrogatoires. Et dément toute implication dans la disparition de sa femme», selon une source proche du dossier.

Mercredi, le suspect, sa mère et son beau-père avaient été placés en garde à vue, des incohérences ayant été relevées entre différents témoignages. Mais la mère et le beau-père ont été relâchés, selon le procureur. 

Éléments de téléphonie 

Selon la version du mari, Delphine Jubillar est sortie de la maison le 15 décembre vers 23h pour promener leurs deux chiens, en plein couvre-feu, vêtue d'une doudoune blanche et avec son téléphone portable. Les chiens seraient revenus à la maison sans elle, selon le mari.

Réveillé vers 04h par les pleurs de leur fille, Cédric Jubillar se serait alors rendu compte de l'absence de son épouse et aurait téléphoné à des amies de cette dernière, habitant le village, pensant qu'elle pouvait se trouver chez l'une d'elles. Il a ensuite appelé la police.

Ces derniers jours, des médias ont révélé des éléments de téléphonie qui auraient fait avancer l'enquête des gendarmes de Toulouse: une photo d'elle envoyée par Delphine Jubillar à son amant le 15 décembre au soir, et une capture d'écran de l'amant retrouvée dans le téléphone de Cédric Jubillar.

En février, la mère de Cédric avait pris sa défense sur les réseaux sociaux: «Je suis triste de voir à quel point les gens peuvent parler sans savoir réellement les choses, juste en se basant sur des ouï-dire ou des publications journalistiques».

«Quel couple lors d'un hypothétique divorce ne s'est jamais disputé», avait-elle ajouté.

Quelques jours après la disparition de son épouse, Cédric Jubillar avait pris part à une battue citoyenne réunissant un millier de personnes. Samedi 12 juin à Albi, il a participé à une marche en hommage à l'infirmière, organisée par ses collègues de la Clinique Claude-Bernard. Discrètement. 

Récemment, le peintre-plaquiste s'était affiché sur son compte Facebook en compagnie de sa nouvelle compagne.