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Votre conseiller financier vous en donne-t-il pour votre argent?

DVP

Illustration Adobe Stock

Le titre d’un article publié sur un site d’information financière a attiré mon attention récemment : « La valeur des conseillers a augmenté de plus de 1 % en 2020 ».

Voilà enfin une aubaine, me suis-je dit, vu les prix du filet de porc et du 2 x 4 qui ont monté en flèche. Sans parler des loyers... 

Mieux que ça, l’analyse à l’origine de l’article ne traite pas du prix du conseil, mais au contraire de la valeur apportée aux clients de services financiers. On en aurait plus pour notre argent.

Le conseiller 1 % 

Une augmentation de 1 % de la valeur du conseiller, c’est plus difficile à quantifier que 14 pogos offerts au prix de la douzaine. La notion est d’autant abstraite qu’elle repose en bonne partie, selon la grille d’évaluation, sur le « coaching comportemental », soit la capacité du professionnel à aider ses protégés à gérer leurs émotions. Comme chez le psy.

En 2020, cela voulait dire de les empêcher de céder à la panique au début de la pandémie. Cela suppose que l’investisseur soit incapable de se retenir lui-même de vendre ses placements quand ça va mal.

Le coût et les rendements 

Sur le même site d’information financière, on rapporte également que 10 % des Canadiens songent à quitter leur conseiller pour faire cavalier seul.

Ils blâment surtout l’importance des frais. C’est vous dire que tous les clients ne perçoivent pas la valeur ajoutée offerte par les conseillers à l’heure de l’investissement autonome.

L’homme et la femme ordinaires n’ont accès aux services d’un conseiller que s’ils investissent dans des fonds de placement dont les frais montent à plus de 2 % de l’actif. C’est comme ça avec votre REER de la banque ou celui d’une firme de courtage en épargne collective.

Cher ? Plus ou moins selon les services qu’on obtient en retour, mais le prix est certainement exagéré pour du « coaching comportemental » et un rappel en février que la saison REER bat son plein.

À ce compte-là, mieux vaut investir dans un (seul) fonds négocié en Bourse (FNB) à répartition d’actifs. Pour une fraction du prix (10 fois moins élevé), ça fait aussi bien le travail, sinon mieux. Il suffit ensuite d’apprendre à maîtriser sa peur et son avidité. 

TROIS GRANDS CRITÈRES D’ÉVALUATION  

En général, moins on a d’actifs sous gestion, moins on a droit à de l’attention, peu importe le niveau des frais. Il arrive cependant un point où vous payez cher et vous en voulez pour votre argent.

Portez attention à ces éléments :

1. Les rendements

Si le conseiller ou la firme vous procurent des rendements, après frais, supérieurs au marché, vous êtes gagnant. Une promesse difficile à tenir avec constance.

2. Le bilan et la planification

Votre conseiller vous aide à évaluer votre santé financière, à clarifier vos objectifs et à établir une stratégie pour les atteindre ? Ça se paye.

3. La disponibilité et l’écoute

Vous vous demandez comment votre projet d’achat de maison affectera votre planification ? Vous songez à prendre une année sabbatique ? Vous voulez son éclairage, mais votre conseiller vous rappelle trois mois plus tard ? C’est moyen.