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Voyage cauchemardesque: victoire de deux familles sur Transat

Hotel Whala Boca Chicca

Photo courtoisie de la cour

Deux familles québécoises qui ont vu leur voyage de rêve en République dominicaine gâché par le piètre état de leur hôtel seront remboursées par Air Transat, a tranché une juge en sermonnant le transporteur aérien pour ses fausses représentations.

« Le tribunal retient que cet ensemble hôtelier prétendument “3 étoiles” a montré des lacunes importantes, notamment : propreté douteuse de la chambre, présence de punaises de lit et qualité de nourriture inacceptable », a récemment commenté la juge Emmanuelle Saucier, en condamnant Air Transat à payer 8819 $ à deux familles composées de huit personnes.

L’histoire d’horreur s’est déroulée en juin 2018, quand Ashraf et Ayman Zerky ainsi que Mira Kaldas ont acheté des billets de dernière minute pour passer une semaine au soleil, à l’hôtel Whala Boca Chicca, en République dominicaine. Sur le site internet d’Air Transat, on voyait un bel hôtel avec de nombreux services et une vue paradisiaque.

Hotel Whala Boca Chicca

Photo courtoisie de la cour

« Rien ne laisse présager ce qui les attend », a toutefois expliqué la juge.

De pire en pire

À peine embarquées dans l’avion, les deux familles ont appris qu’ils n’auraient pas de repas ni de collation. Et une fois à destination, elles ont été embarquées dans un bus « peu sécuritaire, doté de bancs sérieusement abîmés » qui les a déposées à 10 minutes de marche de leur hôtel. 

Et à leur arrivée, les deux familles ont réalisé que le pire était à venir.

Frappées par la saleté des lieux et affamées par le trajet, les familles ont voulu aller manger. Sauf qu’il n’y avait que des restes, soit des hot-dogs et des hamburgers douteux.

« Ils décident de ne pas manger pour ne pas être malades », explique la juge.

Les familles n’étaient toutefois pas au bout de leurs peines, puisque l’hôtel avait moins de chambres que prévu. En plus de la saleté, il manquait de la literie.

« Les demandeurs découvrent au cours de la nuit que leurs lits sont infestés de punaises de lit et ils ne peuvent plus dormir », indique le jugement rendu aux Petites créances.

Le deuxième jour ne s’est pas non plus bien passé puisque la qualité du petit déjeuner était « peu inspirante ».

« La nourriture des buffets n’est pas fraîche, ils trouvent même des cheveux dans les plats », a expliqué la juge en ajoutant que certains sont tombés malades.

Quant à la piscine, l’eau était sale et les clients pouvaient se baigner tout habillés.

Fausse représentation

Puis quand ils ont demandé à changer d’hôtel, ils se sont fait dire que cela coûterait 600 $, et qu’ils devraient s’y rendre par leurs propres moyens. 

L’intervention d’un agent d’Air Transat n’a rien changé, au point que les familles ont dû se rendre au Consulat du Canada pour demander de l’aide.

« Dans les faits, aucune solution acceptable n’est offerte, et Air Transat les informe qu’ils ne peuvent pas prendre un autre vol pour revenir plus tôt au Québec », déplore la juge.

Au procès, Air Transat a tenté de plaider qu’il s’agissait là d’inconvénients « normaux » et que « les prestations fournies étaient conformes à la publicité », mais la juge n’a pas été de cet avis. Selon elle, il était évident que le transporteur avait violé la Loi sur la protection du consommateur, en faisant de la fausse représentation.

« Leur voyage s’avère un véritable cauchemar », a conclu la juge en ordonnant à Air Transat de rembourser les deux familles.