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Déconfinement: le Bloc veut faire passer le Québec en zone bleue

Photo d'archives, AGENCE QMI

Au crépuscule de la session parlementaire et poussé par un vent préélectoral soufflant sur la colline, le Bloc québécois annonce une tournée estivale avec un slogan inspiré des temps pandémiques: «Le Québec passe en zone bleue!»

«Un clin d’œil aux zones sanitaires», a souligné la députée bloquiste Caroline Desbiens qui s’attend à une tournée plus «inspirante» que celle de l’été passé, alors que la fin de la pandémie ne semblait qu’un rêve.

La tournée sera l’occasion d’«aller à la rencontre des gens» et de «cueillir chez eux leur état d’esprit». «C’est à la cueillette de nos rencontres qu’on va établir nos prochaines stratégies», a expliqué la députée, qui a toutefois refusé de parler de stratégies «électorales».

Une remontée à protéger 

Élue pour la première fois en 2019 dans la circonscription de Beauport—Côte-de-Beaupré—Île d’Orléans—Charlevoix, Mme Desbiens tentera se faire réélire lors des prochaines élections, à l’image de plusieurs de ses collègues fraîchement débarqués à Ottawa.

Le Bloc québécois avait effectué une remontée notable aux élections de 2019 en faisant élire à Ottawa 32 députés, alors que plusieurs décrétaient le déclin inéluctable du parti indépendantiste fondé par Lucien Bouchard en 1991. Le parti n’avait remporté que 10 sièges aux élections précédentes, en 2015, loin du sommet historique de 54 aux élections de 2004.

Il s’agissait des premières élections du nouveau chef, Yves-François Blanchet. Ce dernier reprendra la route cet été pour tenter de recréer l’exploit... si jamais les rumeurs d’élections finissent par s’avérer à l’automne.

M. Blanchet sillonnera les routes du Québec accompagné d’une chanson enregistrée pour l’occasion par Caroline Desbiens, elle-même chanteuse-compositrice-interprète.

Comment le parti répondra-t-il aux prises de position récentes du gouvernement de Justin Trudeau au regard de l’expression de l’identité québécoise, à savoir son appui à la reconnaissance du Québec comme nation et sa capacité de modifier seul la constitution pour y inclure la reconnaissance du français comme seule langue commune?

«Les stratégies du parti libéral leur appartiennent», a répondu Mme Desbiens. Elle a d’ailleurs fait remarquer que la récente motion du Bloc exigeant cette reconnaissance par les élus fédéraux en Chambre, une victoire symbolique importante pour le Bloc, a été accueillie froidement par de nombreux libéraux québécois, dont 9 ont préféré s’abstenir.

Il reste que le terrain de l’identité québécoise pourrait être plus chaudement débattu au cours d’éventuelles élections, contre un Parti libéral qui a déposé récemment la plus importante réforme à la loi sur les Langues officielles en près de 30 ans.