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Des familles de victimes de violence policière réunies à Ottawa

POL-PARLEMENT-OTTAWA

Photo d'archives, AGENCE QMI

Une dizaine de familles noires et autochtones se sont réunies samedi matin devant les bureaux du premier ministre Justin Trudeau, à Ottawa, pour réclamer des changements dans le système de justice canadien, après que leurs proches ont perdu la vie face un geste commis par un policier.

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L’événement a été organisé par Black Lives Matter Toronto afin de faire entendre les voix des proches de ces victimes et leur histoire.

«De nombreux politiciens se sont agenouillés l’année dernière pour protester contre eux-mêmes. [...] [Mais] les familles n’ont reçu aucune justice et aucun soutien», a déclaré Ravyn Wngz, membre de l’organisme Black Lives Matter Toronto, devant les marches du 80, rue Wellington.

«Il est important de se rappeler qu’il n’y a pas de libération des Noirs sans reconnaissance des autochtones», a-t-il insisté.

Les familles se sont alors succédé au micro pour réclamer l’intervention d’Ottawa dans le dossier de la violence policière.

«On est là pour dire au gouvernement qu’on en a assez. [...] Nous méritons de marcher dans les rues et de nous sentir en sécurité», a témoigné la mère de Chantel Moore, cette jeune femme autochtone décédée après s’être fait tirée dessus par un policier d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, en juin 2020.

«Justin Trudeau doit mettre un frein à ceci», a ajouté la grand-mère de Mme Moore, une demande qui intervient plus d’une semaine après que les Services des poursuites publiques du Nouveau-Brunswick ont décidé de ne pas porter d’accusation criminelle contre le policier impliqué.

Pour les proches d’Eishia Hudson, une adolescente autochtone qui a été tuée par un policier de Winnipeg, au Manitoba, à la suite d’un vol en avril 2020, «la race a joué un grand rôle dans ce qui est arrivé».

«Ils ne lui ont pas laissé sa chance», a soutenu son père.

La date de ce rassemblement à Ottawa n’a d’ailleurs pas été choisie au hasard puisqu’il coïncidait avec Juneteenth, qui commémore la date de l’émancipation des Afro-Américains quand les derniers esclaves d’une île du Texas ont été libérés, le 19 juin 1865, et qui est officiellement devenu un jour férié national cette année.