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Un party rave illégal tourne à l'affrontement violent avec les forces de l'ordre

La tentative de dispersion d'un party rave illégal a tourné à l'affrontement violent entre fêtards et gendarmes, dans la nuit de vendredi à samedi dans l'ouest de la France, faisant plusieurs blessés, trois jours avant la Fête de la musique.

Plus de 400 gendarmes étaient intervenus dans la nuit pour empêcher cette rave party en Bretagne, près de Redon, organisée malgré le couvre-feu encore en vigueur à partir de 23h00.

Cinq gendarmes ont été blessés, et deux participants ont également été touchés, dont un jeune de 22 ans qui a «perdu une main», selon le préfet du département, Emmanuel Berthier.

Cinq hommes placés en garde à vue

Cinq hommes ont été placés en garde à vue samedi dans le cadre de l'enquête qui a été ouverte «relative aux violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique (gendarmes)», a déclaré le procureur de la République de Rennes (ouest) Philippe Astruc.

«Cinq hommes (nés en 2001, 2002, 1998, 1999 et 1984, sans antécédents judiciaires à l'exception du dernier) sont actuellement en garde à vue», a-t-il précisé.

Alors que le rassemblement se poursuivait samedi, les forces de l'ordre ont lancé peu après 17h00 une opération d'évacuation en utilisant des gaz lacrymogènes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Au moins 25 cars de gendarmes et de policiers étaient positionnés aux abords du principal accès au site et un hélicoptère tournait au-dessus de Redon.

1500 personnes rassemblées

Malgré un arrêté du préfet interdisant tout rassemblement festif à caractère musical, «1500 personnes» avaient convergé vers Redon vendredi soir, a expliqué le préfet et la gendarmerie est intervenue pour empêcher le rassemblement.

Selon lui, «des heurts, des affrontements d'une extrême violence ont duré une très grande partie de la nuit, plus de sept heures». Il a évoqué «des jets de cocktail Molotov boulent de pétanque, morceaux de parpaings».

Le préfet a estimé que la gendarmerie avait face à elle «des gens qui avaient un objectif, en découdre avec la force publique».

«Encore une fois, les autorités ont choisi la violence en lieu et place de dialogue. Des pluies de lacrymales et de grenades se sont abattues sur une foule qui ne désirait que faire la fête.... Tout cela pour avoir voulu danser», a réagi de son côté le collectif Teknival des musiques interdites.

Des appels à rendre hommage à Steve Maia Caniço, un jeune de 24 ans tombé dans la Loire lors d'une intervention de police pour disperser un rassemblement tardif à l'occasion de la Fête de la musique à Nantes (ouest) il y a deux ans, avaient été lancés ces jours derniers. Son corps avait été retrouvé un mois plus tard.

«A la mémoire de Steve Maia Caniço, en soutien aux inculpés de la Maskarade de Lieuron et pour toutes les victimes de la répression, notre seule volonté était de brandir haut et fort la musique comme étendard et comme élément indissociable de nos vies», a ajouté le collectif.

Il faisait référence à un party rave illégal qui avait rassemblé en pleine crise sanitaire 2.500 personnes pendant 36 heures à Lieuron, en Bretagne, pour le Nouvel An, en infraction des mesures de lutte contre l'épidémie de COVID-19.

Neuf personnes avaient été mises en examen et un jeune homme présenté comme l'un des organisateurs de cette rave party du Nouvel An avait été incarcéré pendant plusieurs semaines.

La situation suivie de très près 

Le ministre de l'Intérieur «Gérald Darmanin suit de très près la situation à Redon. Il a annulé les événements prévus dans sa journée et fait des points réguliers avec les autorités», a-t-on indiqué dans son entourage.

Ces échauffourées interviennent à deux jours de la Fête de la Musique, le 21 juin, encadrée cette année par des consignes sanitaires pour éviter une résurgence de l'épidémie: spectacles uniquement assis, interdiction des «concerts impromptus» dans la rue ou dans les bars-restaurants, passe sanitaire exigée dans les lieux accueillant plus de 1000 personnes.

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