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Une bataille à la David contre Goliath pour éviter des hausses de loyer

Stuyvesant Town

Photo courtoisie

La Caisse et son partenaire américain Blackstone sont dans la mire de locataires new-yorkais qui bataillent pour éviter une augmentation de leur loyer.

Depuis plusieurs années, le combat des locataires de cet immense complexe d’édifices bruns de style soviétique s’apparente à celui de David contre Goliath, rappelle l’ancien conseiller municipal, Dan Garodnick, qui s’est battu dans les années 2000 pour plafonner les loyers. 

« Pendant longtemps, il y a eu beaucoup d’incertitudes pour les locataires. Mais nous avons remporté une bataille afin de conserver les loyers à prix plus abordables. Le petit se fait souvent battre par les grandes banques et les groupes immobiliers, mais notre groupe était non seulement organisé, mais aussi bruyant et passionné », a-t-il rappelé lors d’une entrevue avec Le Journal

Action en justice 

Mais quelques années plus tard, un nouveau combat se profile. Blackstone et Ivanhoé Cambridge (IC) veulent déréglementer plusieurs centaines d’appartements en vertu d’une entente avec la Ville de New York signée lors de l’achat en 2015. Cela ouvrirait la voie à une hausse considérable des loyers.

IC avait déjà été critiquée pour des tactiques similaires à Montréal, après avoir acheté le complexe résidentiel Rockhill dont elle s’est finalement départie en 2019.

De l’autre côté, l’Association des locataires de Stuyvesant Town – Peter Cooper Village a entamé une procédure judiciaire contre les propriétaires. Elle veut s’assurer du respect de la loi de 2019 adoptée par l’État de New York qui limite la hausse des loyers. Le tribunal doit donc déterminer si la loi a préséance sur l’entente avec les propriétaires.  

« Plusieurs locataires ont peur, car si on perd notre cause, certains verront des hausses de loyers de 5 % par année et après il n’y aura plus de limite », s’inquiète Susan Steinberg, présidente de l’Association. 

Loyers très dispendieux 

Son inquiétude vient du fait que les loyers sont déjà extrêmement élevés, tout près du prix du marché. Même s’ils sont réglementés, les appartements les moins chers (une chambre) sont disponibles à 3100 $ par mois et ils peuvent atteindre jusqu’à 6900 $ (trois chambres). 

« Blackstone affirme que nous sommes riches ! Mais ce n’est pas vrai. Pendant la pandémie, certains ont perdu leur appartement, plusieurs doivent partager leur loyer avec des colocataires. Les gens adorent rester ici, mais s’il y a des hausses trop importantes, j’en connais qui devront partir », croit Mme Steinberg. 

Issue incertaine

Dans ce dossier, même si elle a signé une entente avec les propriétaires, la Ville de New York est aux côtés des locataires dans leur bataille. Et l’issue demeure incertaine. 

« La loi a longtemps été en faveur des propriétaires et on a corrigé la situation. Maintenant, les locataires ont plus de droits. Ça permet de garder les loyers réglementés de façon permanente. Nous avons eu notre bataille, celle-ci est différente, mais je sais qu’ils vont remporter leur cause, car elle est juste », a estimé Dan Garodnick.