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Marguerite Blais défend son projet de maison des aînés bec et ongles

Malgré les nombreuses critiques qui visent les maisons des aînés, notamment sur l’explosion des coûts de leur construction, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, défend son projet bec et ongles. 

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En visite sur le site de construction de la maison des aînés de Lévis, la ministre s’est entretenue avec TVA Nouvelles sur le projet.

Notre bureau d’enquête révélait, au début du mois de juin, que le coût de construction moyen par chambre allait varier de 600 000 $ à 1,2 million de dollars. 

Un montant que la ministre responsable des Aînés justifie en rappelant que les maisons des aînés sont pensées pour être utilisées longtemps. 

«Oui, mais on ne construit pas pour 30 ans, on construit pour 75, 100 ans. On construit pour longtemps. En plus, c'est à l'électricité, c'est LEED, on pense à l'environnement aussi», dit-elle. 

Plusieurs changements ont aussi été apportés en raison de la pandémie, explique-t-elle. 

«On a bonifié nos plans parce qu'il y a eu la COVID-19. On a décidé d'intensifier la ventilation mécanique et d'ajouter plusieurs choses, justement en termes de protection et on veut plus d'espaces pour les employés», dit Mme Blais. 

Mais la ministre n'est pas dupe, elle sait que la surchauffe dans la construction complique les choses, fait monter les coûts et va retarder certains projets.

«On va tout faire pour rentrer dans notre échéancier. On a dû refaire neuf appels d'offres faute de soumissionnaires ou en raison des coûts trop élevés», souligne-t-elle. 

«C'est préoccupant, mais on a des stratégies», affirme quant à elle Caroline Bourgeois, vice-présidente à la gestion des projets, est du Québec, pour la Société québécoise des infrastructures (SQI).

«On pourrait voir certains projets qui se décalent de quelques mois, on va essayer de le contenir le plus possible, mais ceux qui sont en cours en ce moment, pour lesquels on a déjà pris des engagements contractuels de construction, on a des bonnes chances qu'ils soient réalisés dans les délais prévus», poursuit Mme Bourgeois. 

Retards de livraison   

En raison des embuches rencontrées, la ministre responsable des aînés revoit à la baisse son objectif de livrer 2600 places en septembre 2021

«Actuellement au Québec, il y a 17 maisons des aînés qui se développent et d'ici deux à trois semaines, il y en aura 12 autres, 2400 places. On est en train de développer, c'est pas loin de nos 2600 pour le mois de septembre», mentionne Marguerite Blais. 

La ministre tient à ce que ces nouveaux lieux de vie pour les aînés ressemblent à des maisons, et non des hôpitaux. 

«Ce n’est pas des maisons de luxe qu'on est en train de faire, ce sont des maisons qui seront accueillantes. On est ici dans un milieu comme je l'ai rêvé : communautaire, il y a de la vie autour, il y a des familles», lance Marguerite Blais. 

Cette dernière assure également que ces maisons ne seront pas de «gros CHSLD». 

«Il y a une grande différence. Ici, c'est par unité de 12. Douze personnes avec une porte juste pour les 12 avec une petite cuisinette juste pour les 12 personnes. Un CHSLD, ça varie entre 16 et 32 personnes par unité. C'est ça la grande différence ici», explique-t-elle. 

Le personnel jouera aussi un rôle dans la création d’environnements plus familiaux. 

«On veut que le personnel ait plus de temps avec les résidents, on veut créer un environnement à grandeur humaine», déclare Mme Blais. 

Écoutez l’entrevue complète de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, dans la vidéo ci-dessus.