/news/tele

«Mitsou et Léa»: la formidable expérience humaine de Mitsou

Courtoisie TVA

Mitsou espérait depuis longtemps que TVA diffuse la deuxième saison de «Mitsou et Léa», un projet qui fut extrêmement important pour elle. Son souhait est exaucé cet été, à un moment où, incidemment, se tourne une autre page cruciale de son grand livre professionnel. 

Les trois chapitres de «Mitsou et Léa» avaient été originalement présentés à MOI ET CIE de 2016 à 2018, et le premier avait ensuite été relayé à TVA. Mais il restait encore beaucoup à dire. Amitié marquée par le don d’un rein, Québécoise convertie à l’Islam, problèmes de drogue, suicide: dans cette série documentaire remplie d’humanité, Mitsou et Léa Clermont-Dion abordent des sujets tabous en exposant les deux côtés d’une même médaille, deux points de vue opposés sur un même thème. Le public de TVA peut donc rattraper présentement les épisodes enregistrés après 2016 qu’il n’a pas encore vus.

«C’est un beau cas d’enregistreur, mais c’est une bonne émission de fin de soirée, a avancé Mitsou. C’est de la "slow TV", on prend le temps de raconter des histoires.»

Mitsou et Léa sont encore de grandes copines et se parlent «à toute heure du jour». Aucune nouvelle édition de «Mitsou et Léa» n’est dans les plans pour l’instant, mais des émissions du genre, Mitsou en referait n’importe quand.

«Ç’a été une grande expérience humaine. Pour la première fois, il y a eu une osmose entre Mitsou, le personnage public, et Mitsou, l’être humain, dans cette série, comme je ne l’avais jamais vécu. Il n’y avait plus de gardes. Et ça, ça m’est resté, par la suite, dans tous les autres projets que j’ai entrepris», a souligné Mitsou, vantant au passage la réalisation impeccable de Sophie Lambert.

Courtoisie TVA

Fini la radio

En ce moment, Mitsou est à une croisée des chemins. Elle a définitivement éteint son micro de Rythme FM le jeudi 10 juin dernier, et a annoncé prendre une pause de la radio, elle qui a embrassé ce médium pendant 20 ans (de 2000 à 2012 à Énergie, puis de 2012 à 2021 à Rythme) sur une base quotidienne.

«On peut tous faire des copier-coller de soi-même pendant très longtemps. Je n’ai pas posé ce geste parce que je n’aime pas faire de la radio, au contraire. J’adore le quotidien, le contact avec le public. Mais j’ai aussi envie de me "challenger". La radio, c’est confortable, mais ça fait que tu as moins le temps de réaliser d’autres projets extérieurs.»

La radio a offert à Mitsou une stabilité d’horaire et financière, lui a permis de fonder une famille (ses filles ont aujourd’hui 17 et 14 ans, et sa belle-fille, 31 ans), de lancer des entreprises de musique et autres produits audiovisuels avec son conjoint Iohann, (dont Dazmo et MTL Grandé) et de diriger le magazine «Clin d’œil» pendant sept ans.

Mais au moment de renégocier son contrat avec Rythme, plus tôt ce printemps, il lui est apparu évident qu’elle devait dire, non pas «bye bye mon cowboy», mais «bye bye la radio». Pour un an, du moins. Elle a aussi démissionné de ses chroniques mensuelles à «Salut Bonjour».

Courtoisie TVA

Mitsou insiste: elle ne s’en va pas à une chaîne concurrente de Rythme. Dans un texte intitulé «Une année pour créer», publié sur son magazine web, la dame a évoqué envisager «une année sans micro, que je remplacerai par des pinceaux, une caméra, mon ordi et un bloc-notes tout simplement», a-t-elle écrit. Pour l’heure, un projet de documentaire qu’elle pourrait animer, produire ou réaliser repose sur sa table de chevet. Son vieux rêve de faire «comme Denise Filiatrault», de la mise en scène au théâtre, la tenaille également. Les possibilités sont multiples, mais chose certaine, Mitsou ne disparaîtra pas de la carte.

«Ça fait des années que mes amis qui me connaissent bien m’offrent en cadeau du matériel de peinture. Ils savent que je veux, que j’aime ça. Je peignais avant de rencontrer mon "chum" et d’avoir des enfants et une business. Tous les arts visuels m’interpellent énormément. Ça ne veut pas dire que je veux en faire une carrière, mais je veux au moins avoir du temps pour développer cet aspect-là. Et au moins avoir des hobbys. Pour l’instant, je n’ai pas vraiment de hobbys! (rires)»

Le fait d’avoir «changé de dizaine» (elle a franchi le cap de la cinquantaine en septembre 2020) a-t-il contribué à sa remise en question? «Oui. Non. Peut-être... Il y a ça, il y a la COVID. C’est une multitude de choses. Mais évidemment, quand tu as 50 ans, c’est un moment définitif, où tu fais un bilan. C’est un phénomène naturel, organique. Mais je ne suis pas en crise de la cinquantaine! (rires) Ce n’est pas une crise identitaire ou existentielle. C’est un élan de créativité, de curiosité», a expliqué Mitsou sans détour.

«Mitsou et Léa», le dimanche, après le bulletin de nouvelles de fin de soirée (entre 23 h 30 et 23 h 45), à TVA.