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Prendre le traversier... pour la garderie

Désespoir garderies

Photo courtoisie

Des parents ne trouvant aucune place pour faire garder leur enfant près de chez eux en sont réduits à prendre le traversier ou faire trois heures de transport chaque jour pour amener leurs enfants à la garderie.

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Presque chaque matin, Kristina Rourke se mêle aux touristes et embarque sur le traversier qui relie la rive de Charlevoix à L’Isle-aux-Coudres. 

Pas pour profiter de l’air fluvial, mais parce que cette mère de 29 ans n’a trouvé aucune place en garderie pour son bébé de 9 mois près de chez elle, à Baie-Saint-Paul. La seule place disponible se situe dans un CPE sur l’île. 

Un CPE « incroyable » dont elle partage les valeurs. Mais tout de même, elle espère que ce « méchant casse-tête » ne durera pas éternellement. 

La semaine, elle dort chez ses beaux-parents sur l’île, amène son fils à la garderie. Puis, elle traverse le fleuve matin et soir pour travailler comme chargée de projet. 

Au total, cela lui fait quelque deux heures trente de transport par jour... alors que son boulot est à cinq minutes de sa maison à Baie-Saint-Paul.  

Cercle vicieux

Elle n’est pas la seule à se taper de tels voyages en raison du manque de garderies. 

Sur la Rive-Nord de Montréal, un couple de Sainte-Adèle estime se claquer un minimum de 3 heures chaque jour pour amener ses deux garçons à Sainte-Sophie. 

La garderie est parfaite, mais la distance à parcourir est insoutenable, explique Elizabeth McCann, 30 ans. 

« Les enfants font tellement de voyagement que parfois c’est la crise pendant 40 minutes. »

La famille est prise dans un cercle vicieux, avoue-t-elle. 

« La garderie, c’est la pièce du puzzle qui nous bloque dans tout. »

Comme elle est aux études, son conjoint Michael Simpson, 41 ans, doit s’occuper d’une partie de ces transports, ce qui l’empêche de travailler en échafaudage à Montréal pour un meilleur salaire que ce qu’il gagne actuellement. 

 « Financièrement, ça ne va pas. On paie tellement de gaz, c’est incroyable. »

Or, déménager pour se rapprocher de la garderie leur coûterait plus cher que de rester à Sainte-Adèle, où ils ont un logement appartenant à un membre de la famille.

Ironie

De plus, l’aîné entrera à la maternelle l’automne prochain. Cela ajoutera un déplacement et risque carrément d’obliger Mme McCann à mettre sur pause ses études. 

L’ironie de leur histoire, c’est que cette famille habitait en Australie jusqu’à l’été dernier. La raison de leur retour au Québec ? 

« Le prix des maisons, le prix des garderies et les opportunités de travail », énumère-t-elle.