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Blanchiment d’argent : accès restreint pour les criminels aux casinos

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Photo d'archives

L’opposition s’interroge sur le jovialisme du ministre des Finances, Eric Girard, vis-à-vis du blanchiment d’argent dans les casinos de Loto-Québec après la publication d’un rapport externe proposant 40 recommandations pour s’y attaquer.

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Parmi les mesures suggérées par la firme Deloitte, dont le mandat était de trouver des façons de renforcer les vérifications effectuées par la société d’État, on retrouve celle d’interdire l’accès aux casinos à certains individus pour des motifs liés à des activités criminelles «avérées» ou «soupçonnées».

On recommande aussi au gouvernement de permettre à la société d’État d’effectuer des vérifications plus strictes que celles établies par la loi anti-blanchiment canadienne.

Aussi, on insiste pour une meilleure collaboration entre Loto-Québec et les différents corps policiers.

Cet examen de Deloitte découle de révélations de notre Bureau d’enquête, en novembre dernier. 

Il avait alors été rapporté que des dirigeants de la mafia avaient eu droit à des cartes privilèges et des cadeaux payés par la société d’État, ce que le premier ministre François Legault jugeait «inacceptable».

Sous la pression des partis d’oppositions, le ministre des Finances et responsable de Loto-Québec, Eric Girard, avait alors commandé un audit externe spécial sur le blanchiment d’argent dans les casinos du Québec.

Par voie de communiqué, vendredi dernier, ce dernier a indiqué «accueillir favorablement» les recommandations de la firme Deloitte et ajoute vouloir procéder rapidement à leur mise en place.«Ce document permet de confirmer l’absence de lacune majeure dans les processus de Loto-Québec, précise-t-il toutefois. 

Les allégations rapportées en novembre dernier étaient manifestement liées à des événements passés et ne reflétaient pas la situation actuelle.»

Mais pour le porte-parole de Québec solidaire en matière de finances, Vincent Marissal, «on ne peut pas dire que tout est beau dans le meilleur des mondes».

S’il salue l’intention du ministre des Finances de mettre en place les recommandations de Deloitte, le député solidaire se dit inquiet pour la suite des choses compte tenu de sa rapidité à conclure à la bonne gestion de Loto-Québec.

«Je ne pense pas qu’on serait arrivé avec 39 recommandations si tout allait bien», souligne-t-il. Je pense qu’il ne veut pas salir la réputation de Loto-Québec, je le comprends, mais la société d’État est tenue aux plus hauts standards de transparence et de sécurité.»

Au Parti libéral du Québec, la cheffe Dominique Anglade dit accueillir «avec ouverture» les recommandations de Deloitte, mais insiste aussi pour «que le gouvernement les applique le plus rapidement possible».

«Je pense que l’audit a été bien fait, mais là les Québécois s’attendent maintenant à des actions musclées. SI ça a existé [le blanchiment d’argent dans les casinos de Loto-Québec], ça doit cesser», martèle pour sa part le porte-parole du Parti québécois en matière de finances, Martin Ouellet.

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