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Cinq ans pour une attaque «sauvage et gratuite» sur une sexagénaire à Québec

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Paul - stock.adobe.com

Il y a un peu plus de trois ans, un homme qui avait des «problèmes de consommation» a sauvagement et gratuitement battu une dame qui travaillait dans le quartier Lairet et il a écopé, lundi, d’une peine globale de cinq ans d’emprisonnement. 

En avril 2018, Claire Leblanc, 68 ans, travaillait dans une boutique de vêtements adaptés de la rue des Chênes Ouest lorsque Matondo-Rennick Mbemba-Illenda, 38 ans, s’est présenté pour, supposément, y faire l’achat de jaquettes. 

Alors que la dame se trouvait à l’arrière-boutique, Mbemba-Illenda lui a mis un crayon sous la gorge et ordonné qu’elle lui donne sa carte et son NIP. Comme la dame ne les avait pas avec elle, l’accusé a jeté la femme par terre avant de la rouer de coups. 

«Aujourd’hui, madame porte des cicatrices permanentes. Elle a un problème avec sa vision et ne peut plus conduire. Elle a dû être opérée pour une reconstruction faciale et dentaire», a brièvement exposé le poursuivant, Me Jean-Sébastien Lebel à la juge Réna Émond. 

Invitée à prendre la parole, la dame est revenue sur les conséquences physiques survenues à la suite de l’agression, puis elle a raconté «la Claire d’avant et la Claire d’après». 

Avant et après

«Avant, j’étais vive, heureuse, spontanée, pétillante et généreuse. J’étais disponible pour les autres et pacifique. Aujourd’hui, je suis plus réservée. Ma vie a complètement basculé et je dois constamment être sécurisée, sinon l’anxiété me prend et je me mets en mode défensif», a-t-elle mentionné à la Cour en ajoutant déposer son témoignage pour que «la loi ait un impact sur les faits» et pour pouvoir «enfin tourner la page». 

Mbemba-Illenda s’est, lui aussi, adressé au Tribunal ainsi qu’à la dame qu’il a littéralement plongée en enfer. 

«Pendant des années, j’ai fui et je n’ai pas su faire face à ma réalité, à mes problèmes de consommation. Si j’avais su régler les choses à temps, jamais nos chemins ne se seraient croisés ou du moins, pas dans ces circonstances. Je m’excuse sincèrement. J’ai fait de mauvais choix et j’en prends l’entière responsabilité», a-t-il dit. 

Suggestion commune

La peine, faite de façon conjointe entre le poursuivant et l’avocat de la défense, Me Simon Roy, tient compte du peu d’antécédents de Mbemba-Illenda au moment de commettre son crime, mais également de sa réponse à l’accusation qui a évité à la victime de témoigner dans le cadre d’un procès. 

Comme il est détenu de façon préventive depuis l’équivalent de 36 mois, il lui reste donc un reliquat de deux ans moins un jour à purger sa peine. Cette peine a été assortie d’une période probatoire de trois ans et d’un suivi de douze mois.