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Deux patients décédés à l’urgence : le public invité à collaborer avec le privé

L'histoire de ces deux patients décédés la semaine dernière dans les couloirs de l'urgence de l'hôpital de Chicoutimi aurait-elle pu se terminer autrement si les autorités du réseau de la santé avaient cogné à la porte des Résidences Le Noble Âge de Jonquière ?

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Les gestionnaires de ce complexe privé assurent qu'ils auraient pu offrir à ces patients le confort et les soins dont ils avaient besoin.

Ils espèrent dorénavant faire partie de la solution.

«Je suis tombée en bas de ma chaise quand j'ai su ça, a affirmé la responsable des préposés aux bénéficiaires de l'endroit, Caty Bouchard. Mourir dans un couloir, c'est vraiment ordinaire surtout qu'ici, on aurait pu les recevoir ces patients-là.»

Elle déplore que les autorités de la santé n'aient pas contacté la résidence où elle travaille quand elles ont constaté qu'aucun lit n'était disponible.

«J'ai l'impression que les gens pensent qu'on est juste une résidence pour personnes âgées, mais on fait tellement de tout et beaucoup plus», a-t-elle assurée.

Le complexe Le Noble Âge dispose d'une trentaine de lits pour accueillir des patients en fin de vie, en plus d'avoir tous les équipements nécessaires pour offrir des soins palliatifs.

«On peut compter sur la présence de médecins spécialisés qui viennent deux fois par semaine et même sur appel quand on en a besoin, a précisé Mme Bouchard­.

Les personnes en convalescence qui ont besoin de soins pour une courte période sont aussi les bienvenues.

«On en a une ce matin qui quitte, a-t-elle expliqué. Elle a fait un petit séjour de deux semaines ici après avoir eu une opération pour les cataractes à Québec et elle m'a dit ce matin qu'elle s'était sentie comme à l'hôtel, qu'il manquait juste la piscine !»

La préposée aux bénéficiaires tend la main aux autorités du réseau de la santé.

«On a de l'oxygène dans les chambres, bref on a tout ce qu'il faut. Il faut juste maintenant que les gens soient conscients que l'on existe. On attend juste ça qu'on nous envoie des patients.»

Le privé et le réseau public aurait intérêt à collaborer davantage selon elle, surtout dans le contexte de pénurie de main-d'oeuvre actuel.

Le prix d'une chambre dans cette résidence privée s'élève à 250 dollars par jour.

À l'hôpital, il varie entre 106 et 263 dollars quotidiennement pour une chambre privée selon les informations fournies par le bureau des communications du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.