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Démolition d’un bâtiment patrimonial refusée à Chambly: le promoteur étudie ses options

PHOTO COURTOISIE / Société d’histoire de la Seigneurie de Chambly

Le projet de résidence pour personnes âgées (RPA) sur le site d’une ancienne usine, à Chambly, est plus que jamais incertain alors que la Ville et le promoteur ne s’entendent pas sur l’avenir du bâtiment patrimonial.

Depuis plus de deux ans, le Groupe Sélection souhaite démolir l’ancienne usine Bennett Fleet, fermée depuis le début des années 2000, pour y construire une RPA de 246 logements, un immeuble de 180 unités locatives et une garderie. Or, ce projet de 150 millions $ est bloqué par le conseil municipal qui a voté majoritairement contre la démolition de cette bâtisse, plus tôt ce mois-ci.

«Nous ne sommes pas contre le projet, nous voulons seulement qu’il soit modifié», a précisé la conseillère municipale, Marie Lise Desrosiers, en entrevue à l’Agence QMI.

Mme Desrosiers et quatre autres élus demandent au promoteur de conserver le bâtiment original afin que soit préservé le patrimoine bâti de Chambly et que soit réduite l’empreinte environnementale liée à une nouvelle construction. «C’est le seul témoin du passé industriel de la Ville et de la Vallée-du-Richelieu», a fait savoir la conseillère municipale durant l’assemblée municipale de juin.

Établie à Chambly en 1912, la Bennett, connue alors sous le nom de Canadian Leatherboard, s’est installée sur le site actuel vers 1920 après qu’un incendie eut ravagé ses locaux précédents. D’abord concentrée dans la production de composantes de cuir, puis de textile, l’usine s’est ensuite orientée dans la transformation de carton-fibre, de production de moules et d’emporte-pièces dans les années 80. À travers les décennies, l’entreprise a occupé une place importante du paysage industriel de Chambly.

L’ancienne usine est inscrite à l’inventaire patrimonial de la Ville de Chambly et à celui de la MRC de la Vallée-du-Richelieu.

Néanmoins, Groupe Sélection ne compte pas modifier son projet et affirme que conserver la structure actuelle hausserait considérablement les coûts et nuirait à la rentabilité du projet. De plus, le maintien du bâtiment ne permettrait pas la construction d’un stationnement souterrain, avance-t-il.

Devant la décision du conseil municipal, l’entreprise pourrait tout simplement abandonner le projet. «Nous sommes en train d’analyser la situation et nous évaluons présentement nos options», a laconiquement réagi par courriel, Mylène Dupéré, vice-présidente, Affaires publiques et communication corporatives.

«Nous n’avons rien sauvé»

De son côté, la mairesse de Chambly, Alexandra Labbé se désole de voir les cinq conseillers municipaux prendre position contre la démolition de l’usine. «Je ne vois aucun citoyen se réjouir du sauvetage de la Bennett puisque nous n’avons rien sauvé. Tout ce que l’on fait est de repousser la lente agonie d’une usine qui est en train de tomber sur elle-même depuis 20 ans», déplore-t-elle, ajoutant que ce qu’il reste du bâtiment est «un squelette de béton».

En plus de la mairesse, trois conseillers municipaux appuient la démolition de l’ancienne usine Bennett Fleet. Ceux-ci font valoir l’importance de ce projet qui permettrait aux résidents de Chambly de vieillir dans leur ville et créerait des emplois en plus d’engranger des revenus de taxes d’environ 700 000 $ par année.

La mairesse Labbé estime de plus que la décision du conseil pourrait faire fuir de potentiels entrepreneurs à Chambly.

«Politiquement, ces cinq élus ont envoyé un message très fort à tous les promoteurs: tant qu’il y aura cette équipe-là au conseil, il n’y a pas de projet d’envergure qui va être supporté», soutient la mairesse.

Une source proche du dossier avec qui l’Agence QMI s’est entrenue, mais qui a souhaité que son nom ne soit pas publié, a dit estimer que le Groupe Sélection pourrait attendre après les élections municipales en novembre prochain afin de présenter à nouveau son projet.

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