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Hausses de loyers abusives: des familles sans toit à l’approche du 1er juillet

La hausse des loyers jumelée à une rareté des logements disponibles place de nombreux ménages en situation précaire alors que la période des déménagements bat son plein.

Photo Stevens LeBlanc

La hausse des loyers jumelée à une rareté des logements disponibles place de nombreux ménages en situation précaire alors que la période des déménagements bat son plein.

Une soixantaine de ménages n’ont toujours pas trouvé où ils demeureront à compter du 1er juillet à Québec, soit trois fois plus que l’an dernier, alors que les demandes d’aide au logement sont en voie d’atteindre un nouveau sommet.

« Ça crée un stress terrible pour les familles qui vivent ce genre de situation et ça peut affecter plusieurs autres facettes de leur vie », explique Jonathan Carmichael, organisateur communautaire au Bureau d’animation et d’information logement du Québec métropolitain (BAIL).

En 2020, 273 personnes avaient sollicité l’aide de l’Office municipal de l’habitation de Québec (OMHQ) pour trouver un logement et éviter de se retrouver à la rue le 1er juillet. Un sommet en plus de 10 ans.

Mais il risque d’être à nouveau dépassé cette année puisque déjà 237 demandes ont été faites. De ce nombre, 57 ménages ne savent toujours pas où ils dormiront dans une dizaine de jours, alors qu’ils n’étaient que 17 à pareille date l’an dernier.

Hausse de loyer

« C’est vraiment inquiétant parce que ce n’est que la pointe de l’iceberg. Il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas au courant de l’aide qui est disponible », souligne François Dignard du Comité logement d’aide de Québec.

Pourtant, même si le marché est encore très serré, le taux d’inoccupation des appartements a légèrement augmenté à Québec, passant de 2,4 % à 2,8 %. En fait, le problème réside principalement dans la hausse du prix des loyers, d’après plusieurs comités. 

Ce dernier a officiellement grimpé en moyenne de 2,8 % en un an, à 876 $, mais les logements disponibles sont souvent bien plus dispendieux.

« Il n’est pas rare de trouver des logements familiaux dans les quartiers centraux de Québec qui se louent à 1600 $ », affirme Véronique Laflamme, du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Solutions

Et c’est sans parler de la multiplication des pressions faites sur les locataires.

« Il y a environ deux à trois fois plus d’appels qui dénoncent des rénovictions ou des hausses de loyers abusives et autres stratagèmes pour évincer les locataires que dans les dernières années », précise Mme Laflamme.

L’OHMQ assure toutefois que personne ne dormira dans la rue et que des solutions seront trouvées si jamais aucun logement n’est accessible. Loger chez un ami ou un parent pendant un certain temps ou même l’hébergement d’urgence en hôtel ne sont pas exclus.

– Avec Elsa Iskander 

Demandes d’aide pour trouver un logement   

2017: 17  

2018: 39  

2019: 75  

2020: 273  

2021: (en cours): 237    

Taux d’inoccupation (%)

À Québec  

2019: 3,3  

2020: 2,4   

2021: 2,8    

Haute-Ville  

2019: 2,5  

2020: 1,2   

2021: 3,5     

Basse-Ville  

2019: 2,4  

2020: 1,9   

2021: 2,2    

Sainte-Foy  

2019: 3,9  

2020: 2,0  

2021: 3,1    

Loyer moyen  

À Québec: 876 $ (+2,8 %)  

Haute-Ville: 956 $ (+2,8 %)  

Basse-Ville: 746 $ (+2,5 %)  

Sainte-Foy: 900 (+4,1 %)    

Source : OMHQ et SCHL