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La pandémie exploitée par des extrémistes à des fins de propagande

Des groupes extrémistes et jihadistes ont cherché à profiter de la pandémie pour diffuser leur propagande et cultiver une méfiance à l'égard des gouvernements et des institutions, a déclaré mardi l'agence européenne de police Europol.

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«Les terroristes exploitent la polarisation de la société pour polluer le climat social avec des idéologies violentes», a indiqué Europol dans un communiqué.

L'agence, basée à La Haye, a publié mardi son rapport annuel sur la situation du «terrorisme» dans l'Union européenne (UE), faisant état de 57 attentats «terroristes» ou tentatives d'attentats en 2020, signalés en Autriche, Belgique, France, Allemagne, Italie et Espagne.

L'année dernière, «21 personnes sont mortes à cause d'attentats terroristes dans l'Union européenne», a précisé Europol.

Les restrictions anti-coronavirus ont limité les opportunités de perpétrer des attaques faisant un grand nombre de victimes, et le nombre d'arrestations de personnes soupçonnées d'infractions liées au «terrorisme» a baissé d'un tiers sur une année, a expliqué l'agence.

Toutefois, la situation créée par la pandémie pourrait être un facteur de stress supplémentaire, encourageant potentiellement les personnes vulnérables à se tourner vers la violence.

«Des groupes terroristes jihadistes, par exemple, ont cherché à exploiter la pandémie de COVID-19 à des fins de propagande», a déclaré Europol. 

Le groupe État islamique (EI) «a décrit la pandémie comme une punition de Dieu pour ses ennemis, incitant les partisans du groupe à perpétrer des attaques pour profiter de la vulnérabilité accrue des pays de la coalition anti-EI», a affirmé l'agence.

«Une attaque d'extrême droite ratée en Belgique était motivée par une opposition aux mesures gouvernementales anti-COVID-19» et en République tchèque, une personne a été arrêtée «pour avoir menacé de perpétrer un attentat terroriste (au véhicule-bélier) si les restaurants et les cafés n'étaient pas rouverts», a poursuivi Europol.

Les attaques jihadistes sur le sol européen en 2020 ont toutes été perpétrées par des loups solitaires, «dont certains se sont possiblement radicalisés en ligne, des terroristes exploitant différents événements, controverses et individus vulnérables», a déclaré Claudio Galzerano, directeur de l'unité anti-terroriste d'Europol.

«Le risque de radicalisation en ligne a augmenté. Cela est particulièrement vrai pour le terrorisme d'extrême droite», a ajouté Ylva Johansson, commissaire européenne aux Affaires intérieures.