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Meurtres de deux frères: une arme particulière trouvée chez les accusés

Centre judiciaire Gouin

Photo Chantal Poirier

La poursuite continue de tisser sa toile au procès du couple accusé d’avoir aidé un tueur de la mafia à assassiner et à incinérer deux frères, alors qu’un expert a expliqué ce mardi qu’une arme trouvée chez les accusés avait des particularités identiques à d’autres saisies lors de la découverte d’un véritable arsenal à Laval. 

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«La carcasse provient d’un pistolet à air comprimé. Une fois des modifications faites, ça permet d’avoir une arme de calibre 22. Et le bout du canon est fait pour visser un accessoire», a expliqué l’expert en balistique Erik Hudon, ce mardi au procès de Marie-Josée Viau et Guy Dion au Centre judiciaire Gouin à Montréal.

Les accusés de 45 et 49 ans subissent présentement leur procès pour les meurtres des frères Vincenzo et Giuseppe Falduto, qui seraient survenus au domicile du couple en juin 2016. Selon la preuve de la Couronne, Viau et Dion auraient permis à un tueur à gages de liquider les victimes dans leur domicile de Saint-Jude en Montérégie, pour ensuite se brûler les cadavres dans la cour arrière et d’effacer toute trace du crime.

Depuis le début du procès, les jurés sont ainsi plongés au cœur d’une enquête policière de longue haleine qui s’est étirée sur trois ans. De la localisation par cellulaire aux rencontres avec des sujets d’intérêts, le jury découvre les pièces du puzzle qui, une fois complété, a permis l’arrestation du couple d’apparence sans histoire.

Arsenal d’intérêt

C’est dans ce cadre que la semaine passée, des policiers ont raconté comment ils avaient découvert un véritable arsenal dans un entrepôt de Laval, en 2019. Il y avait des armes automatiques et semi-automatiques, fusils à pompes tronçonnés, armes de poing et nombreuses boîtes de munition... Sauf que jusqu’à aujourd’hui, le jury ignorait le lien entre cette saisie et les accusés.

Or, le témoignage de l’expert en balistique pourrait avoir répondu aux interrogations, puisqu’un pistolet de calibre 22 trouvé chez les accusés était similaire à celle trouvée dans l’entrepôt de Laval. On ignore toutefois, pour le moment, si ces armes ont un lien avec la disparition des deux frères.

Pas de sang

Ces indices, présentés au jury au fur et à mesure, démontrent toutefois que l’enquête a pu avancer. Car après qu’un délateur ait confessé les assassinats des deux frères, trois ans plus tard, les policiers ont investi la résidence de Viau et Dion.

Mais mis à part l’arme trouvée chez eux, les recherches des indices se sont avérées fructueuses.

«La recherche de sang s’est avérée non concluante», a d’ailleurs expliqué une biologiste judiciaire, ce matin.

Dans les dernières semaines, des techniciens en scène de crime et même un plongeur de la Sûreté du Québec avaient affirmé n’avoir trouvé aucun indice pertinent.

Le procès est présidé par le juge Eric Downs de la Cour supérieure du Québec.