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Son dernier combat: enfin prêt à recevoir l'aide médicale à mourir

Après un long combat, Yves Monette recevra l’aide médicale à mourir le 7 juillet, mais il a cru longtemps ne pas y être admissible en raison de problèmes cognitifs.

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L'homme de 62 ans est atteint de démence fronto-temporale, une maladie neurologique qui ressemble à l’Alzheimer.

«S'il pouvait donner la piqûre tout de suite, je la prendrais (...) Ma fille est décédée dans un accident de la route il y a quelques années avec la mère. Les deux sont mortes. Je parle rarement de ça, j’espère que je m'en vais les rejoindre», souhaite Yves Monette.

Le neurologue qui suit M. Monette explique que l'état de son patient peut se dégrader rapidement.

«Généralement, c'est sur une période de plusieurs années que ça peut dégénérer. Pour certaines personnes, ça peut être plus rapide, effectivement. Ça mène éventuellement à des troubles cognitifs plus sévères», affirme le docteur Alexandre Poppe, neurologue vasculaire au CHUM.

Yves Monette n'a plus de qualité de vie et souffre psychologiquement.

«Je ne peux plus lire, je ne peux plus écrire, je ne peux plus compter. Je ne peux plus prendre un journal. Je ne peux plus... Je ne peux plus rien faire! Et savez-vous quoi? Je suis aux couches aussi, je ne peux plus rien retenir. Allez-vous être capable de vivre comme ça, vous?», demande-t-il.

Pourtant, cet homme, qui était un expert des arts martiaux et un gardien de prison, était en très bonne condition physique il y a quelques années seulement. 

C'est le docteur Laurent Boisvert, ex-urgentologue, qui va l'accompagner jusqu'à la fin. 

Yves Monette répond à tous les critères de la loi et reste lucide malgré sa maladie. Il a été évalué par deux médecins.

«On lui a posé la question dès le début de l'évaluation. Aujourd'hui, je refais le constat de son aptitude. Et on refera le constat d'aptitude le 7 juillet. Quand les gens disent que la maladie d' Alzheimer n’est pas éligible, ce n’est pas vrai. La démence d'Alzheimer est éligible dans la mesure où le malade est apte, donc au début de la maladie», mentionne le docteur Laurent Boisvert.

Pour l'instant, les demandes d'aide médicale à mourir anticipées sont toujours refusées.

Yves Monette recevra l'aide médicale à mourir à l'Hôpital Charles-Le Moyne parce qu'il veut donner la plupart de ses organes.

«Il faut que mes organes soient donnés absolument! Je vais sauver des vies! Je vais sauver de huit à neuf vies!», se réjouit l’homme de 62 ans.

Il a décidé de parler à l’équipe de TVA Nouvelles pour que la loi devienne accessible à un plus grand nombre de personnes. Sans le docteur Boisvert, il ne sait pas ce qu'il aurait fait.

«Une des choses que j'ai faites le plus souvent à l'urgence, ce n’est pas de sauver des vies, c'est de soulager les gens. Et moi, quand je vais donner l'aide médicale à mourir à monsieur Monette, je vais le soulager», affirme le docteur.