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Annick Charette poursuit Gilbert Rozon pour 1,3 M$

Annick Charrette, dont la plainte au criminel a été retenue contre Gilbert Rozon, mais qui n’a pas gagné son procès, n’a pas dit son dernier mot.

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En effet, Mme Charette via son avocat Me Bruce Johnston réclame 1,3 million de dollars au civil dans le cadre d’une poursuite déposée ce matin au palais de justice de Montréal. 

Elle réitère que Gilbert Rozon l’a violée en juin 1980, alors qu’elle avait 20 ans. 

«Après avoir enfoui en elle le souvenir de cet événement pendant près de 40 ans, la demanderesse a porté plainte à la police dans la foulée des dénonciations publiques qui ont visé le défendeur. La plainte de la demanderesse est la seule à avoir été retenue par la Couronne et à avoir fait l’objet d’un procès criminel. Dans son témoignage lors du procès criminel, le défendeur a menti non seulement en niant la version de la demanderesse, mais également en inventant de toutes pièces un scénario qui inversait les rôles, un scénario grotesque dans lequel c’est la demanderesse qui était l’agresseur, et Rozon la victime», peut-on lire dans la poursuite.

Qualifiée de «délurée»      

Mme Charette dénonce avoir été qualifiée par l’avocat de Gilbert Rozon de «délurée». Elle dit avoir vécu cet épisode en cour comme un deuxième viol et en a subi un préjudice important. 

Au procès ainsi que dans la poursuite, elle revient sur les événements allégués de 1980. «Lorsqu’elle se réveille, tôt le matin, le défendeur est sur elle, déterminé à avoir une relation sexuelle. Elle n’est pas plus consentante que la veille, mais ne parvient pas à mobiliser l’énergie et la force qu’elle avait eue quelques heures plus tôt pour le repousser. Elle se sent contrainte, dominée et oppressée. Habitée par un sentiment de fatalité, elle ne se défend pas, se disant qu’il s’agit de la façon la plus rapide que ça se termine. Malgré la raideur et la non-participation évidente de la demanderesse, le défendeur la pénètre contre son gré tandis qu’elle regarde par la fenêtre. Pendant les jours qui ont suivi le témoignage du défendeur, la demanderesse, salie et dégradée, s’est véritablement retrouvée en état de choc, prise de nausées, de frissons, de confusion, d’abattement et de tremblements.»

Rappelons que la juge Hébert a rendu un verdict d’acquittement en décembre dernier «tout en reconnaissant que la version de Gilbert Rozon était moins plausible que celle de la demanderesse», indique la poursuite. 

Écoutez la chronique juridique avec Nada Boumeftah, avocate en droit criminel et protection de la jeunesse sur QUB radio:

Honte et culpabilité      

Plus de 40 ans après le viol qu’elle a subi, Mme Charrette ressent toujours la colère, la honte et la culpabilité qui l’habitaient au moment des événements. Même si elle sait que cette honte ne devrait pas lui appartenir, elle se sent coupable de s’être mise dans une situation de vulnérabilité et de ne pas s’être défendue davantage. 

Depuis le viol, elle vit avec une cicatrice à l’intérieur d’elle-même, et cette cicatrice ne disparaîtra jamais complètement.