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La Cour suprême donne raison à une meneuse de claque contre son école

La Cour suprême des États-Unis a donné raison mercredi à une meneuse de claque adolescente qui avait été sanctionnée par son école après avoir publié une bordée d'injures sur les réseaux sociaux.

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Huit des neuf sages de la haute cour ont estimé que ses propos, tenus en dehors de l'établissement, n'avaient pas causé de perturbations suffisantes pour justifier une entorse au principe de liberté d'expression.

Leur décision souligne toutefois que les écoles peuvent sanctionner certains discours tenus hors de leurs murs, en cas de harcèlement ou de menace par exemple, une nuance de taille à l'heure des réseaux sociaux.

Le coeur de l'affaire était assez trivial, mais «parfois il est nécessaire de protéger le superflu pour préserver le nécessaire», estime la Cour dans son arrêt.

En 2017, Brandi Levy, alors âgée de 14 ans, avait postulé pour être meneuse de claque de l'équipe d'élite de son lycée. Frustrée de ne pas avoir été retenue, elle avait envoyé une flopée d'injures sur Snapchat («Fuck l'école, Fuck les pom-pom girls, Fuck le softball, Fuck à tout!»), photo de son doigt d'honneur à l'appui.

Son message, rédigé et diffusé un samedi loin du lycée, était parvenu aux entraîneurs qui l'avaient écartée des terrains pour un an.

Ses parents avaient alors saisi la justice au nom du premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d'expression et avaient obtenu raison, les tribunaux ayant jugé que les écoles ne pouvaient réguler les propos tenus hors campus.

«Bien que nous ne soyons pas d'accord avec le raisonnement, nous sommes d'accord avec la conclusion», a tranché la Cour suprême.

Les écoles publiques sont «le berceau de la démocratie» et il est nécessaire d'y encourager l'échange d'idées, même «impopulaires», selon sa décision fondée sur la jurisprudence établie.

En 1969, dans un arrêt emblématique, la haute cour avait autorisé des élèves à porter des brassards noirs en opposition à la guerre du Vietnam, mais avait précisé que les discours perturbant le fonctionnement des établissements pouvaient être punis.

Or, dans ce cas précis, «nous n'avons pas trouvé de preuves de «perturbations notables» et «si l'école a intérêt à enseigner les bonnes manières, ce n'est pas suffisant pour violer la liberté d'expression», a-t-elle estimé. 

Contrairement à la cour d'appel, «nous ne pensons pas que les écoles perdent complètement le droit de réguler le discours de leurs élèves en dehors des campus», précise la Cour, en citant notamment la nécessité de lutter contre le harcèlement, un fléau dévastateur. 

«Je n'aurais jamais imaginé qu'un message sur Snapchat termine à la Cour suprême, mais je suis fière d'avoir défendu les droits de millions d'élèves», a réagi Brandi Levy dans un communiqué. «Les jeunes doivent pouvoir s'exprimer sans avoir peur d'être sanctionnés une fois de retour à l'école».