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La concentration de l’abattage de poulets dénoncée

Un éleveur de poulets de la Montérégie et les rôtisseries du Groupe St-Hubert et de Benny&Co mettent leur poing sur la table pour dénoncer bec et ongles la concentration de l’abattage de poulets d’Olymel et d’Exceldor au Québec.  

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«Il est nécessaire de revoir les règles du jeu afin qu’elles soient équitables pour tous», a déploré Martin Dion, président des Volailles des Cantons, par communiqué, aux côtés de deux géants de la rôtisserie au Québec. 

Depuis un mois, le conflit de travail à l’usine de Saint-Anselme d’Exceldor a forcé les éleveurs de poulets à euthanasier plus d’un million de leurs poulets, ce qui donne l’impression à l’éleveur de Roxton Pond, Martin Dion, de se faire plumer. 

La semaine dernière, il s’est fait refuser par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec le droit d’abattre et de transformer ses 8000 poulets dans son propre abattoir. 

«Alors que nos compétiteurs, qui détiennent déjà la quasi-totalité du marché, ont accès à une croissance de leur production sans frais, induite par la simple croissance de la demande de poulet par les consommateurs, les petits abattoirs locaux comme nous sont obligés d'acquérir de nouveaux volumes d’approvisionnement garantis [VAG], et ce, à nos frais», a-t-il déclaré en défendant bec et ongles son marché. 

Appuis de St-Hubert et Benny 

Au Québec, plus de 96% des volumes d’approvisionnement garantis (VAG) sont contrôlés par Olymel et Exceldor, a rappelé le numéro 1 des Volailles des Cantons. 

Ruptures d’approvisionnement, autonomie alimentaire en péril, protéine de qualité à bas prix de moins en moins disponible... Martin Dion prévient que les effets du conflit font perdre des plumes à l’industrie québécoise. 

À ses côtés, des poids lourds de la rôtisserie ont pris la parole mercredi à Sainte-Hélène-de-Bagot pour dénoncer avec lui le fait que l’abattage soit si concentré. 

«Il est grand temps que la répartition des volumes d’approvisionnement garantis (VAG) soit révisée afin que d’autres entreprises puissent répondre aux besoins des différents joueurs de l’industrie», a lancé Richard Scofield, président du Groupe St-Hubert. 

«Le système tel qu’il est aujourd’hui met en péril l’approvisionnement en volailles pour la population québécoise», est allé jusqu’à dire Nicolas Filiatrault, vice-président, finances et administration de Benny&Co. 

Pour Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec, la situation est intenable alors le conflit de travail de Saint-Anselme perdure. 

«Il faut avoir de l’agilité dans la transformation, diminuer la concentration et développer des modèles d’affaires de toutes tailles afin de répondre à la demande du marché et éviter qu’une autre crise ne survienne», a-t-il insisté. 

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