/regional/saguenay

Maison Gilles-Carle à Saguenay: les bénéficiaires et les employés prennent enfin leurs marques

Un an après le lancement de ses activités, la Maison Gilles-Carle et Centre de répit de la Fondation pour enfants Marc Denis de Saguenay a ouvert ses portes à une équipe de TVA Nouvelles.

• À lire aussi: Désespérée d'être en CHSLD à 29 ans

• À lire aussi: Les services non rendus dans les RPA dénoncés

• À lire aussi: Les soins à domicile sont en crise

Il s'agit d'une première puisque l'ouverture de la maison, qui devait être inaugurée officiellement au printemps 2020, a été perturbée par la pandémie de COVID-19.

En effet, avant d'accueillir des personnes âgées en perte d'autonomie et des jeunes qui ont une déficience physique, intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme, les chambres ont d'abord été occupées par des gens testés positifs à la COVID-19.

«La maison est devenue un site non traditionnel pour permettre aux autorités de la santé d'y transférer des patients en quarantaine, avant de les réintégrer dans leur milieu, a expliqué la directrice du service à la clientèle de l'Office municipal d'habitation de Saguenay, Arianne Villeneuve. On a débuté nos activités de jour en juillet 2020, mais on a dû les déplacer dans un local vacant de l'office pendant la deuxième vague de la pandémie.»

Après deux déménagements forcés, les employés et les bénéficiaires ont enfin pu prendre possession de leurs locaux en mars dernier.

«Ce qu'on veut, c'est que ce soit comme à la maison, a précisé la coordonnatrice de l'organisme, Sabrina Beaudin. On respecte la routine de chaque bénéficiaire pour qu'ils aient vraiment l'impression d'être dans leur milieu de vie.»

Le jour, la maison peut accueillir dix personnes à la fois. Elle peut également, depuis deux semaines seulement, d'offrir des répits de type hébergement.

La maison compte six chambres privées, adaptées pour les personnes à mobilité réduite, et une chambre double.

«Cette chambre permet à un proche aidant par exemple qui craint de nous laisser son conjoint ou son enfant, de venir passer du temps avec lui la fin de semaine et d'être mis en confiance», a expliqué Mme Villeneuve.

Présentement, seuls des séjours de fin de semaine sont offerts en hébergement, à quatre personnes à la fois.

Les activités extérieures occupent une place de choix dans le quotidien de la clientèle. Des cafés-rencontres pour les proches aidants y sont aussi organisés.

Manque de personnel

«De trouver des préposés c'est très difficile, a avoué Arianne Villeneuve. En ce moment, c'est une firme externe privée qui nous aide pour les répits de fin de semaine.

La pénurie de main-d'œuvre est un enjeu majeur pour le jeune organisme.

«J'ai des familles qui n'ont pas eu de répit depuis deux ans, a soutenu Sabrina Beaudin précisant que 52 familles sont sur une liste d'attente et espèrent pouvoir à leur tour, se reposer bientôt. J'ai des parents, des conjoints qui aimeraient prendre une semaine complète de vacances ou encore qui voudraient deux fins de semaine par mois, mais je ne peux pas l'offrir. J'essaie plutôt de donner une petite chance à tout le monde donc ça nous force parfois à faire des choix déchirants.»

La maison est aussi à la recherche de bénévoles.

«Le bénévolat est très important dans la mission de la maison, a indiqué Mme Beaudin. Que ce soit en cuisine, en entretien ou en accompagnement pour faire des activités avec la clientèle.»

L'objectif de la Maison Gilles-Carle est de pouvoir offrir des services de répit 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 à des proches aidants du Saguenay-Lac-Saint-Jean.