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Pénurie de main-d’œuvre en région: sauveteurs recherchés

La pénurie de sauveteurs complique le début de la saison de la baignade à Trois-Rivières, en Mauricie, alors que la moitié des complexes aquatiques accueilleront leurs premiers clients jeudi, et l’autre demeura fermé pour l’été.

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L’enjeu est majeur a dit la Société de Sauvetage du Québec à TVA Nouvelles. Particulièrement à Trois-Rivières où la formation n’est plus offerte depuis 2018 en raison des travaux de réfection de la piscine de l'Université du Québec à Trois-Rivières
(UQTR).

Les jeunes désireux de suivre le cours doivent donc se déplacer dans les municipalités avoisinantes de Shawinigan ou Nicolet.
Entre 2018 et 2020, le nombre d’aspirants sauveteurs et d’inscription au premier des trois échelons de qualification de sauveteur national est passé de 71 à 34, en Mauricie. Selon le directeur général de la Société de Sauvetage, Raynald Hawkins, la région risque d’en ressentir les effets pour quelques années.

«Le nombre de recrues au premier échelon a baissé de 50% en 2020. Considérant que ça prend environ trois ans pour devenir sauveteur national, on peut s’attendre à ce que la pénurie s’aggrave pour les années 2022 et 2023. Il faut dire que c’est une problématique partout au Québec», a mentionné M. Hawkins.

La fermeture des piscines en raison de la COVID n’a fait qu’amplifier la crise qui se dessinait depuis quelques années, a ajouté M. Hawkins. Les effets sont directs à Trois-Rivières où la ville n’ouvrira que 60% de ses piscines en raison du manque de main-d’œuvre.

À La Tuque, seulement deux des cinq postes ont été comblés. «On cherche très fort pour en trouver. Ça n’empêchera pas la piscine d’ouvrir, mais les heures seront possiblement réduites», a soutenu la porte-parole, Hélène Langlais.

Un défi pour les campings

C’est aussi un problème pour les campings de la région qui doivent user de créativité pour attirer et retenir les jeunes sauveteurs. Certains comme le camping du Parc de la Péninsule à Sainte-Geneviève-de-Batiscan paient la formation et offrent un salaire bonifié. La copropriétaire Marie-Ève Ménard reçoit annuellement deux à trois candidatures pour un poste de sauveteur. Cette année, elle n’en a reçu aucun.

«On voit que ça baisse. Je ne sais pas ce qu’on va faire dans les prochaines années. Jusqu’à maintenant, nous sommes chanceux, nous avons une belle équipe. On se croise les doigts pour ne pas devoir fermer des piscines», a-t-elle dit.

Dispenser la formation dans les écoles: une solution?
Le programme de formation pour les sauveteurs pourra, dès cet automne, être intégré à l’offre parascolaire des centres de services scolaires. « L’argent du gouvernement est disponible pour rendre la formation gratuite. J’espère que les écoles vont embarquer», a conclu M. Hawkins.