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Macabre découverte: des religieuses québécoises étaient impliquées au pensionnat de Marieval

Une congrégation de religieuses de Saint-Hyacinthe a œuvré pendant des décennies au tristement célèbre pensionnat autochtone de Marieval, en Saskatchewan, où l’on vient de découvrir des centaines de corps non identifiés.

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Sur le site des Sœurs de Saint-Joseph, on peut lire que des membres de la congrégation ont été envoyées à Marieval en 1901 à la demande de l’évêque de Saint-Boniface et qu’elles y sont restées jusqu’en 1979. 

À aucun moment toutefois, il n’est précisé qu’il s’agissait en fait d’un pensionnat autochtone. Les Sœurs de Saint-Joseph n’indiquent pas non plus quel était le rôle exact de leur mission en Saskatchewan. 

«Souvent, le but était l’évangélisation ou l’éducation. Beaucoup de communautés qui étaient basées au Québec ont œuvré dans l’Ouest», note Alain Pronkin, spécialiste des nouvelles religieuses. 

M. Pronkin rappelle toutefois que ce n’étaient pas nécessairement des sœurs québécoises qui étaient dépêchées dans les Prairies. Même si la congrégation était dirigée à partir de Saint-Hyacinthe, les membres qui y étaient rattachées venaient peut-être de l’Ouest, évoque-t-il. 

«Ce qui va être intéressant maintenant, c’est de savoir si cette congrégation-là a gardé des archives de cette période et si elle est prête à les partager pour faire la lumière sur ce qui s’est passé», poursuit M. Pronkin. 

Mystère 

Plusieurs questions demeurent au lendemain de l’annonce de la première nation de Cowessess, qui estime avoir découvert environ 750 tombes à la suite de fouilles à proximité de l’ancien pensionnat de Marieval.

Le chef de la communauté, Cadmus Delorme, a par la suite expliqué qu’il ne s’agirait pas d’une fausse commune, mais de tombes anonymes. 

«Personne ne comprend pourquoi. Ce que l’on sait, c’est que la mortalité infantile était élevée dans les pensionnats autochtones. Est-ce que ces enfants auraient eu plus de chance de survie? Je pense que oui», déplore Alain Pronkin, qui espère que les Sœurs de Saint-Joseph collaboreront avec les autorités pour la suite des choses.  

Ces dernières, qui sont toujours actives au Brésil et en Afrique, n’ont pas donné suite à nos appels jeudi. Quant au Diocèse de Saint-Hyacinthe, on dit ne pas vouloir commenter la nouvelle pour l’instant.

Consternation 

La macabre découverte de Marieval survient près d’un mois après celle de Kamloops, en Colombie-Britannique, où 215 dépouilles d’enfants ont été recensées sur le terrain de l’ancien pensionnat.  

La nouvelle avait semé l’émoi aux quatre coins du pays, mais avait aussi fait réagir un peu partout dans le monde.

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