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Des recherches de logements difficiles à Trois-Rivières

Une quinzaine de familles trifluviennes sont toujours à la recherche d’un logement, à quelques jours seulement du 1er juillet. Une crise sans précédent, selon Info Logis.

Debbie Gauthier, mère de cinq enfants doit se relocaliser après avoir vécu une séparation. «Trouver un cinq et demi ou plus grand, décent et dans un bon quartier c’est impossible. Je ne trouve rien», a-t-elle confié à TVA Nouvelles.

Même avec un budget mensuel d’environ 950 $, ses options sont rares et les recherches n'aboutissent pas. Heureusement, un ami accepte de l'héberger, mais il s’agit d’une situation temporaire.

Cette incapacité à trouver un logement est une source d'angoisse pour elle. 

«C’est un stress, je me serre les dents et je continue à espérer pour mes enfants», a ajouté la mère de famille.

Info Logis Mauricie fait face à une crise comme elle en rarement vue. L’organisme doit répondre à une quinzaine de demandes actuellement. Ce qui est particulier cette année, c’est que les appels à l’aide viennent de tous les horizons, a indiqué la coordonnatrice Carol-Ann Côté. 

«Habituellement, c’est plus difficile pour des familles immigrantes et des autochtones, mais cette année, on voit aussi des mères monoparentales et même des professionnels. C’est très varié», a-t-elle expliqué.

À l'office municipal d'habitation de Trois-Rivières, une équipe d'urgence sera en poste jeudi, pour s'assurer qu'aucune famille ne dorme dans la rue. Dans les trois dernières semaines, plus d’une trentaine de familles ont contacté l’organisme. 

Selon la conseillère aux communications Marie-Ève Croteau, l’OMH a pu aider la plupart d’entre elles «mais il nous en reste deux qui n’arrivent pas à trouver le bon logis. Nous avons aussi des unités d’urgence en cas de dernier recours», a précisé Mme Croteau.

Le taux d'inoccupation des logements à Trois-Rivières a fondu entre 2017 et 2020. Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), il est passé de 4,7% à 1,3% l’an dernier. Le rapport de force est du côté des propriétaires, croit Carol-Ann Côté. «Avoir une famille c’est quasiment rendu discriminatoire tellement les proprios ont l’embarras du choix. C’est encore plus difficile pour les minorités», a dit Mme Côté.

Un constat partagé par Marie-Josée Tardif du Centre d'organisation Mauricien de services et d'éducation populaire (COMSEP). «On dit à nos membres de ne pas laisser leur appartement s’ils n’ont rien trouvé. On voit de plus en plus de situations où des propriétaires tentent des manœuvres douteuses pour libérer leurs logements», a-t-elle partagé à TVA Nouvelles.