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Travaux sur Pierre-Laporte: la valse des hélicoptères débute entre Lévis et Québec

Photo Pierre-Paul Biron

Même si le trafic tant attendu autour du pont Pierre-Laporte ne s’est pas avéré lundi matin, la valse des hélicoptères, elle, a bien eu lieu. Plusieurs personnes ont préféré ne prendre aucun risque et se sont offert une envolée entre l’aéroport de Québec et l’aérodrome de Pintendre pour s’assurer d’être au boulot.

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«On a pris des vols aller-retour pour les deux premiers jours question de ne pas prendre de chance», racontait Éric Dumas, président de Toxyscan. L’homme d’affaires avait tout prévu, laissant une voiture au Complexe Capitale Hélicoptère. «C’est de l’organisation, c’est des frais, mais ça nous assure d’être là. Quand c’est ta compagnie, tu n’as pas le choix.»

André Gagnon, lui, a pris un vol lundi matin et reviendra jeudi. Il se débrouillera pour dormir à Québec durant ces trois nuits, un bien faible coût pour s’éviter l’enfer annoncé.  

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Photo Pierre-Paul Biron

«On s’évite du trouble, tout simplement. Je n’ai pas la patience de perdre trois heures dans le trafic. C’était une bonne idée et les prix sont raisonnables», confiait celui qui travaille dans le domaine de l’immobilier, à propos des vols offerts à 89.95$ par GoHélico.

Selon la compagnie, une soixantaine de personnes ont utilisé le service lundi matin. Au pic de l’heure de pointe, entre 6h30 et 7h30, cinq hélicoptères étaient mobilisés par l’entreprise. «Ça a été un immense travail de notre côté, parce que ce ne sont pas des opérations que l’on fait au quotidien. Nous sommes très satisfaits», indique Yves Côté, directeur du développement chez GoHélico.

Surpris

Les gens rencontrés lundi matin à l’aérodrome de Pintendre étaient tous excités par ce «transport en commun» qui sort de l’ordinaire, mais aussi surpris de voir que la catastrophe attendue ne s’était pas produite. Sur le pont Pierre-Laporte, la congestion est demeurée nulle lors de l’heure de pointe matinale.

Photo Pierre-Paul Biron

Cette circulation fluide sera-t-elle suffisante pour changer les plans des jours à venir?

«Il y a probablement bien des gens qui sont restés chez eux en attendant de voir comment ça allait se passer. On va attendre à demain pour réévaluer», affirme Éric Dumas.

Tous craignaient cet effet d’entraînement que pourrait avoir la fluidité de lundi sur les prochains jours.

«On va espérer que les gens n’auront pas tous pris le même risque de trouver une alternative ou de rester à la maison aujourd’hui pour ensuite se lancer sur la route demain matin. Là, ce serait le chaos», analysait Charles Richer, directeur des ventes chez BMW Lévis, qui a pris un vol vers la Rive-Sud pour offrir une présence à ses clients. «Quand tu travailles dans un bureau, ça peut aller, mais dans le service, on doit être sur place».

Photo Pierre-Paul Biron

La possibilité de déplacer le jour férié de la fête du Canada laisse aussi certains croire à un mirage en ce début de semaine. «On a entendu plusieurs personnes dire qu’ils laissaient le lundi de congé pour évaluer la situation», indique Yves Côté.

Casse-tête majeur

Trafic ou pas, la situation d’incertitude entourant les travaux sur le pont crée un sérieux casse-tête pour plusieurs entreprises et pour de nombreuses familles. Bruno Noël, contremaître chez Fixe-Brique, s’est vu offrir les vols par son employeur vers la Rive-Nord pour la période des travaux.

«Je suis chanceux. Avec les enfants, je n’aurais pas pu rester à Québec, ça ne se faisait juste pas», explique-t-il.

Ces changements forcent toutefois toutes ses équipes à modifier leur horaire.

«Habituellement, à 6h30-7h, je suis sur le chantier et on finit vers 3h. Mais là, comme j’arrive plus tard, tout le monde rentre plus tard. C’est une gymnastique pour nous au niveau familial avec la garderie et tout, mais aussi pour l’employeur», soulignait M. Noël tout juste avant d’embarquer dans l’hélicoptère.

Un ballet aérien possible grâce à tout un ballet au sol  

Les premières envolées de lundi matin se sont faites à un haut niveau de stress chez GoHélico. Oui on a l’habitude d’un certain roulement avec les tours de ville qu’on y organise, mais jamais on n’a autant de vols rapprochés avec des contraintes d’horaire comme celles d’aujourd’hui.

«On avait un horaire et il fallait le respecter», lance Yves Côté, directeur du développement chez GoHélico. «Nos clients paient pour un service et s’ils le font, c’est pour arriver à l’heure», ajoute-t-il.

Comme en F1

Avec cinq hélicoptères mobilisés au pic de l’heure de pointe matinale, l’entreprise s’est assuré de rentrer dans les temps.

«L’opération aérienne, ce n’était pas un problème, c’est le avant et le après qu’il fallait coordonner», explique M. Côté.

L’embarquement s’est fait à rotor tournant pour s’assurer de la rapidité de l’opération. À Québec, deux préposés étaient chargés d’ouvrir les portes et d’aider les passagers à descendre alors qu’un autre s’occupait des bagages.

«Ça ressemblait à une équipe de Formule 1 qui fait un arrêt aux puits», image Yves Côté. Entre l’atterrissage et le redécollage avec de nouveaux passagers, on pouvait compter environ 5 minutes au maximum. «Ça a vraiment très bien été».

Des réservations sont nécessaires pour prendre place abord des appareils. «De cette façon, on a le nom et le poids des passagers prévus, ça permet de nous ajuster, de choisir le pilote, etc», souligne le gestionnaire, ajoutant que des blocs avaient déjà été réservés pour chacun des jours ouvrables de la période de travaux. «La demande est là».

Des imprévus pour les avions 

L’entreprise Air Nolisé, qui offre aussi le même genre de services de navette à partir de l’aéroport de Saint-Jean-Chrysostome, a quant à elle connu un décollage quelque peu chamboulé lundi matin.

Inquiet de la météo, le président fondateur de l’agence de voyages spécialisée dans le nolisement, Mathieu Malette a préféré recommander aux clients de se trouver un plan B dès dimanche soir, en plus de repousser les vols du matin à 10h.

«Plusieurs clients ont choisi d’y aller en auto, surtout qu’il n’y avait pas de trafic», explique le gestionnaire. «On a fait trois vols et on devait en avoir neuf au départ».

Dame Nature est le patron

Il explique que l’entreprise garde le cap avec son offre, mais qu’elle doit se soumettre aux volontés de Dame Nature.

«On a la pire semaine pour voler depuis plus d’un mois, on n’est pas chanceux», explique-t-il à propos de la météo capricieuse.

«Les hélicoptères peuvent voler plus bas, mais pour nous c’est plus compliqué. On va y aller au cas par cas chaque jour, surtout que ce sont des petits avions, pas tous équipés pour du vol aux instruments. On est limité sur ce qu’on peut faire», précise Mathieu Malette.

La jeune entreprise, entrée dans le marché ce printemps, offre des vols entre les deux rives pour 50$.

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