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La rentrée en présentiel en péril

L’inquiétude monte d’un cran dans les cégeps et universités, alors qu’il apparaît de plus en plus improbable que le taux de vaccination fixé par Québec pour permettre un retour 100 % en présence soit atteint à la rentrée.

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En date du 1er juillet, 67 % des 18-29 ans avaient reçu une première dose de vaccin, selon les données du ministère de la Santé. 

Près de 125 000 jeunes devraient se faire vacciner pour atteindre l’objectif dans cette catégorie d’âge

Or puisqu’un intervalle de huit semaines minimum est requis entre les deux injections, il apparaît pratiquement impossible d’obtenir un taux de vaccination plus élevé à la rentrée. 

Dans la plupart des cégeps, le retour en classe est prévu dans la semaine du 23 août, soit dans sept semaines. La rentrée universitaire se déroule une semaine plus tard.

«On sent vraiment que tout le monde est vraiment excité par une rentrée en présentiel. Surtout avec les annonces des derniers mois de la ministre McCann, ça donne beaucoup d’espoir», a mentionné Élodie Godbout, présidente de l’Association des étudiants en communication publique de l’Université Laval (AÉCPUL).

Un sentiment qui semble partagé par plusieurs étudiants.«Ça fait quand même un an et demi qu’on n’est pas à l’université. On aimerait ça quand même revenir pour la dernière session. Ça nous ferait du bien de revoir nos amis», a indiqué un étudiant interrogé par TVA Nouvelles, dimanche.

«C’est sûr qu’on aimerait que ça recommence en présentiel, c’est beaucoup plus motivant. On s’entend qu’il faut que tout le monde soit bien vacciné pour que ça ait lieu», a témoigné un autre.

À la fin mai, Québec a annoncé que la rentrée sur les campus pourrait se faire à la normale si 75 % des 16-29 ans avaient reçu leurs deux doses de vaccin à la fin de l’été.

Le taux de vaccination des 16-17 ans après une dose, qui est plus élevé que celui des 18-29 ans, pourrait contribuer à faire grimper le taux de vaccination, mais l’injection de la deuxième dose en plein milieu de l’été pourrait s’avérer encore plus ardue que la première, souligne Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps.

« Je suis clairement préoccupé, ce n’est pas un défi banal », lance-t-il.

«Le gouvernement et la Santé publique doivent faire extrêmement attention et être vigilants pour éviter qu’il y ait trop d’infections qui pourraient faire en sorte que le virus mute», affirme quant à lui Benoît Barbeau, professeur au Département de science biologique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Des assouplissements réclamés  

À la Fédération étudiante collégiale, on demande à Québec de mettre en place « des mesures pour garantir une rentrée en présentiel ». « Il y a eu énormément d’assouplissements dans tous les secteurs, il semblerait raisonnable de repenser les conditions afin d’obtenir une rentrée en présentiel à l’automne », affirme Samuel Vaillancourt, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

Au cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, on affirme que des « discussions constantes » sont en cours avec la Santé publique. Une mise à jour sera faite au début août, tel qu’annoncé à la fin mai. 

De son côté, le ministère de la Santé se contente d’indiquer que « la santé publique examine différents scénarios pour la rentrée », tel que mentionné à la fin mai.

Vaccination sur les campus  

Québec demandera par ailleurs aux établissements « de planifier des opérations de vaccination dans les cégeps et les universités à la rentrée automnale », affirme sa porte-parole Noémie Vanheuverzwijn.

« Même si la saison estivale est amorcée, la santé publique ne fait pas relâche et poursuit son analyse en continu de la situation. Dès que des assouplissements supplémentaires seront jugés faisables, ceux-ci seront annoncés », précise-t-elle.

D’ici là, le réseau collégial retient son souffle. « On espère tous une rentrée en présence, sinon ce serait une énorme déception pour tous, en particulier pour les étudiants », laisse tomber M. Tremblay.


Régions où les 18-29 ans sont les plus vaccinés   

  • Montréal : 71,7 %  
  • Capitale-Nationale : 70,8 %  
  • Montérégie : 69,1 %   

Régions où les 18-29 ans sont les moins vaccinés   

  • Outaouais : 60,4 %  
  • Mauricie et Centre-du-Québec : 60,5 %  
  • Abitibi-Témiscamingue : 61,5 %   

Source : INSPQ, données en date du 1er juillet

Objectif atteint pour les 12-17 ans  

Les élèves des écoles primaires et secondaires peuvent envisager la rentrée avec davantage d’optimisme, puisque 75 % des 12-17 ans ont déjà reçu une première dose de vaccin. 

L’atteinte de ce taux de vaccination pour cette tranche d’âge a aussi été identifiée par Québec comme étant l’une des conditions permettant un retour en classe à la normale cet automne dans le réseau scolaire.

Les adolescents ont visiblement répondu à l’appel. Plusieurs ont pu se faire vacciner pendant leur journée de classe, lors d’une « sortie scolaire » dans un des centres de vaccination situés à proximité, ou encore directement à l’école, à certains endroits.

Une seule dose pour les ados ?  

Il se pourrait même que les adolescents n’aient finalement besoin que d’une seule injection pour être suffisamment immunisés contre la COVID-19, indique le ministère de la Santé.

« Certaines études semblent suggérer qu’une dose de vaccin est suffisante pour ce groupe d’âge. Nous sommes donc en attente des données supplémentaires pour recommander ou non une 2e dose de vaccin pour ce groupe d’âge avant la rentrée scolaire d’automne », affirme sa porte-parole Noémie Vanheuverzwijn.

C’est ce qui explique pourquoi il est présentement impossible de devancer un rendez-vous pour une deuxième dose chez les 12-17 ans sur le portail Clic Santé.

Scénario retenu  

Au ministère de la Santé, on rappelle que le scénario retenu pour la rentrée, qui sera confirmé au début août, tiendra compte du taux de vaccination, mais aussi de la situation épidémiologique.

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