/news/law

Meurtres: le délateur disait avoir été victime de tentatives de meurtre

Centre judiciaire Gouin

Photo Chantal Poirier

Le tueur à gages de la mafia qui a retourné sa veste pour piéger ses complices allégués dans les meurtres de deux frères est devenu délateur car il craignait d’être à son tour assassiné, a expliqué le sergent qui l’a supervisé. 

« Il a dit qu’il a été victime de sept ou huit tentatives de meurtre, une de ses attentes était d’obtenir de la protection », a témoigné Stéphane Malenfant au Centre judiciaire Gouin à Montréal, ce mercredi.

Questionné par Me Nellie Benoît de la défense, le sergent superviseur a ainsi expliqué les motivations ayant poussé l’assassin à se rendre, et à incriminer Marie-Josée Viau et Guy Dion pour les meurtres frères Vincenzo et Giuseppe Falduto, en juin 2016. 

Selon la Couronne, le couple de Saint-Jude a aidé le tueur à commettre son crime à leur domicile, pour ensuite incinérer les cadavres dans leur cour. Tant Viau que Dion ont plaidé non-coupables de meurtres et de complot pour meurtre.

C’est donc dans le cadre de leur procès que M. Malenfant témoignait, expliquant avoir supervisé le tueur lorsqu’il s’est rendu en 2019. C’est grâce à cette collaboration que les accusés ont pu être arrêtés. Car selon la Couronne, des scénarios d’infiltration ont permis d’obtenir des déclarations incriminantes de Viau et Dion.

Troubles psychiatriques

En plus de demander d’être placé sous protection, le tueur devenu agent civil d’infiltration s’attendait à recevoir un montant d’argent, lui qui disait vivre de l’aide sociale. Il avait également dit avoir reçu un contrat de 15 000 $ afin d’aller blesser un individu.

Mais en plus de ces demandes, le délateur a également affirmé vouloir consulter en psychiatrie, selon le formulaire de la Sûreté du Québec qu’il a rempli. Il y expliquait souffrir de « bipolarité niveau 2 » et d’un trouble de stress post-traumatique.

Il voulait également que la police enquête sur « ses multiples agresseurs sexuels », selon la preuve présentée au procès de Viau et Dion.

« Il disait souffrir de troubles mentaux », a questionné Me Benoît, ce à quoi le témoin a répondu qu’il était au courant de cette affirmation.

« On a demandé à quoi il s’attendait pour déterminer sa motivation [à collaborer avec la Sûureté du Québec] », a dit le sergent Malenfant afin d’expliquer pourquoi toutes ces questions avaient été posées au tueur. 

Immunité

Mais si l’assassin a finalement pu collaborer dans le dossier de la mort des frères Falduto et qu’il a ainsi une certaine immunité, celle-ci n’était pas totale, a rappelé le témoin.

« Il devait nous rapporter tous les crimes auxquels il a participé, il ne pouvait pas s’auto-incriminer mais s’il y a de la preuve indépendante, il peut être accusé », a spécifié le sergent. 

Le délateur, qui devra venir s’exprimer à la cour, est maintenant placé dans un programme de protection des témoins, selon ce qui a été dit au jury.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.