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Texter au volant en vacances, ça coûte cher

Smartphone causing Casualty

Illustration Adobe Stock

On a tous péché à un moment donné. Quel conducteur n’a pas déjà quitté la route des yeux pour consulter son téléphone cellulaire ?

La distraction au volant est pourtant sévèrement sanctionnée, c’est connu. Le Québec n’est pas la seule juridiction à pénaliser ce type d’infraction. 

En ce début d’été où les Québécois prennent d’assaut les routes des vacances, rappel de ce que peuvent coûter les moments d’inattention, ici et chez nos voisins.

Cause importante d’accidents 

Les contraventions sont loin de représenter le coût potentiel le plus lourd. Au Québec, la distraction au volant est à l’origine de 37 % des accidents mortels et 50 % des collisions causant des préjudices corporels, selon des données (2020) compilées par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Toutes les statistiques sur le sujet convergent vers la même conclusion : ce comportement augmente considérablement le risque d’accident.

Le Conseil canadien de la sécurité a évalué à 1,6 million le nombre d’accidents engendrés par l’usage du téléphone cellulaire au volant au Canada en 2019. 

Le Bureau de l’assurance du Canada (BAC) affirme qu’un conducteur court 3,6 fois plus de risque d’être impliqué dans une collision quand il manipule un appareil électronique.

En matière de distraction, la liste des gestes répréhensibles diffère d’une juridiction à l’autre. 

Elle peut comprendre le fait de manger, de se faire une beauté, de consulter une carte ou de lire. Le seul fait d’avoir un téléphone sur ses genoux peut à certains endroits valoir une contravention.

Au Québec, en gros, on ne peut pas manipuler un appareil électronique en conduisant. Si on utilise un gadget, il doit servir à la conduite et son écran doit être intégré au tableau de bord ou accroché à un support.

Les pénalités 

L’application des lois repose aussi sur l’interprétation des tribunaux. Un automobiliste a récemment contesté une contravention pour distraction au volant en plaidant qu’il ne manipulait pas son téléphone au moment d’être appréhendé, mais qu’il tentait de régler le « voltage » d’une cigarette électronique. Le juge l’a cru, mais a maintenu la peine.

L’amende pour une première offense varie ici de 300 à 600 dollars, à laquelle s’ajoutent cinq points d’inaptitude. Une première récidive à l’intérieur de deux ans mène à une pénalité de 600 $ et à une suspension du permis de conduire pour une durée de trois jours. Cette suspension passe à sept jours à une deuxième récidive et à 30 jours si on se fait prendre une autre fois.

Une personne interceptée avec des écouteurs dans les deux oreilles s’expose à une contravention de 100 $ à 200 $.

Les voisins 

En Ontario, les pénalités sont plus sévères. L’amende monte à 615 dollars dès la première infraction. Si jamais vous allez dans les Maritimes, vous trouverez un régime plus ou moins clément, selon la province. C’est à l’Île-du-Prince-Édouard que les contrevenants paient le plus cher, entre 575 et 1275 dollars.

Il arrivera un jour, pas si lointain, où les Québécois pourront retourner aux États-Unis en auto sur les plages du nord-est. Là-bas, le montant des amendes y est moins élevé qu’au Québec.

La SAAQ a conclu des ententes de réciprocité avec les États du Maine et de New York ainsi qu’avec l’Ontario. Une infraction commise chez ces voisins par un conducteur québécois mènera à l’inscription de points d’inaptitude à son dossier comme si la faute avait été constatée sur nos routes.

Les nombreuses victimes de la distraction  

Au Québec, de 2016 à 2020, la distraction était une des causes les plus souvent mentionnées par les policiers dans les accidents avec préjudices corporels. On la retrouvait dans les pourcentages suivants :

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