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Délais pour la résidence permanente: «J’aurais pu m’imaginer vivre ici»

Découragé par les délais pour obtenir sa résidence permanente canadienne, un jeune professionnel français a décidé de quitter Baie-Comeau, sur la Côte-Nord, pour une autre province, un choix qui déplaît au maire de la Ville qui tente de freiner la décroissance de la population.

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«J’aurais pu m’imaginer vivre ici», a lâché Florian Quiec, qui prévoit de quitter la Ville en septembre pour une autre province où les délais pour devenir résident permanent, un statut qui précède la citoyenneté canadienne, sont moins longs selon lui.

Le citoyen français est employé du Comité ZIP de la rive nord de l’Estuaire depuis plus d’un an, où son travail y est apprécié.

«J’ai reçu une invitation à présenter une demande de résidence permanente via le système d’entrée express dans la catégorie de l’expérience canadienne. Une fois mon dossier envoyé, la résidence permanente suit dans six à 10 mois», a écrit M. Quiec à TVA Nouvelles.

Au Québec, l’obtention de la résidence permanente «prend entre deux et quatre ans pour la plupart des gens», a précisé le détenteur d’un baccalauréat en biologie. «Même les employeurs désireux de les garder n’arrivent pas à faire fonctionner le système gouvernemental. C’est vraiment décevant en fait».

Le maire de Baie-Comeau réagit  

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, a affirmé qu’il n’a jamais entendu parler d’un autre cas comme celui de Florian Quiec dans sa ville.

«J’espère que ça va demeurer le seul [cas] pour l’avenir», a-t-il lancé.

«C’est un enjeu majeur où on a des discussions avec le gouvernement du Québec. Clairement, la CAQ, probablement qu’ils sont beaucoup dans la pandémie, mais ils ont échappé les deux morceaux. Ils en prennent moins, et ils n’en prennent pas soin», a ajouté le maire.

Québec et Ottawa se lancent la balle  

Les immigrants au Québec doivent obtenir le Certificat de sélection du Québec s’ils veulent avoir la résidence permanente au Canada.

La ministre de l’Immigration du Québec, Nadine Girault, s’est toutefois défendue de l’allongement des délais.

«La résidence permanente, c’est au fédéral que ça se passe. C’est là que les délais sont incroyables», a-t-elle déclaré à l’Assemblée nationale en mai dernier.
C’était en réponse à Monsef Derraji, qui lui demandait d’expliquer pourquoi «des infirmières venues de France songent même à quitter vers l’Ontario» en raison des mêmes problèmes d’immigration que vit Florian Quiec.

Un porte-parole d’Immigration et Citoyenneté Canada a répliqué par courriel qu’environ 51 000 personnes attendent leur résidence permanente au Québec, mais que la province a fixé une limite d’immigrants qualifiés d’environ 24 200 personnes en 2021, et qu’il est impossible de traiter plus de demandes que ce qui est permis par Québec.

Ce porte-parole a ajouté que la pandémie a eu un impact «considérable» sur sa capacité à traiter des demandes de résidences permanentes.

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