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Une taupe contrôlée mais aussi protégée

Centre judiciaire Gouin

Phot Chantal Poirier

Les agents d’infiltration chargés de coincer un couple qui aurait aidé un tueur à gages afin d’assassiner deux frères pouvaient compter sur un important dispositif de sécurité, a affirmé un enquêteur.

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« On reste en périphérie de l’endroit [ciblé], pour leur sécurité », a assuré l’enquêteur Philippe Savard, lundi au Centre judiciaire Gouin, à Montréal.

Après des témoignages montrant comment les policiers sont capables de traquer des cellulaires, d’autres sur des fouilles dans une cache d’arme, ou encore celui d’une femme reliant plusieurs suspects entre eux, c’était au tour d’un enquêteur de s’avancer à la barre des témoins, afin de présenter une autre pièce du puzzle digne d’un polar, qui a mené à l’arrestation de Marie-Josée Viau et de Guy Dion.

Les accusés de 45 et 49 ans subissent un procès pour avoir participé aux meurtres des frères Vincenzo et Giuseppe Falduto, en juin 2016. Ils auraient été assassinés chez le couple à Saint-Jude, en Montérégie, avant d’être incinérés dans la cour de la résidence.

Or, après trois ans d’enquête infructueuse, les autorités ont reçu l’aide du tueur à gages qui souhaitait devenir délateur en échange de protection. S’est ensuivie une opération où l’assassin, devenu agent civil d’infiltration, a tenté de piéger Viau et Dion.

Sauf que tout s’est fait sous la supervision de la Sûreté du Québec, qui assurait la sécurité des agents d’infiltration.

« Il donnait des idées sur des façons de faire », a expliqué l’enquêteur, en ajoutant que la taupe était logée dans un condo sécurisé.

Micros cachés

Équipé de micros cachés, l’assassin est ainsi allé voir Viau en l’appâtant avec un prétendu projet de plantation de cannabis où elle aurait joué un rôle de comptable. On dénombre cinq scénarios impliquant les accusés, mais les détails n’ont pas encore été présentés au jury.

Et après chaque scénario, la taupe et les policiers impliqués dans le dossier se réunissaient dans un lieu gardé secret, où le groupe pouvait prendre des notes et préparer les déclarations assermentées.

« Ce lieu nous permettait de travailler à l’abri des regards », a dit l’enquêteur.

Et ce, même si la taupe se sentait « séquestrée » par les policiers.

« Cette personne pouvait se sentir avec moins de liberté, car elle devait rendre des comptes », a expliqué le témoin, en réponse aux questions de l’avocate de la défense, Nellie Benoît.

Le procès se poursuit toute la semaine.

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