/news/politics

Pensionnats autochtones de Kamloops: le nombre de tombes non marquées pourrait être beaucoup plus élevé

Il reste encore près de 650 000 mètres carrés de terrain à arpenter avant que le nombre total de tombes ne soit confirmé, a fait savoir aux médias la Dre Sarah Beaulieu, spécialiste du radar à pénétration de sol (GPR), jeudi. 

• À lire aussi: Pensionnats autochtones: plus de 160 nouvelles tombes anonymes retrouvées en Colombie-Britannique

Selon Mme Beaulieu, qui a participé aux travaux ayant mené à la découverte des restes de 215 enfants, en mai, il est probable que les recherches archéologiques révèlent d'autres tombes puisque «plus de 160 acres de terrain (65 hectares) doivent encore faire l'objet d'analyses» au pensionnat de Kamloops.   

La Première nation Tk'emlups te Secwépemc a annoncé fin mai avoir retrouvé 215 restes d'enfants près d'un ancien pensionnat pour autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique, et plus de 1000 tombes anonymes ont depuis été découvertes, ravivant un douloureux pan de l'histoire canadienne et sa politique d'assimilation forcée des Premières Nations.

«Le périmètre actuel nous indique hors de tout doute que des crimes y ont été commis et que la recherche pour retrouver les enfants n'est pas terminée», a indiqué RoseAnne Archibald, nouvellement élue cheffe de l'Assemblée des Premières Nations (APN) du Canada.

Mme Beaulieu, chargée de cours en anthropologie et en sociologie à l'Université de la Vallée du Fraser, a publié ses premières conclusions lors d'une conférence de presse organisée par la Première nation Tk'emlups te Secwepmc.

Première zone de recherche choisie   

Elle y a notamment déclaré qu'une première zone de recherche était établie dans un ancien verger à proximité du pensionnat, après que les chercheurs eurent découvert une côte d'enfant.

Les souvenirs d'anciens pensionnaires ont également permis aux archéologues d'établir la zone à examiner. Ces derniers ont expliqué avoir vu des enfants de 6 ans, à peine réveillés pendant la nuit, creuser des tombes dans ce verger.

La chef de la Première Nation Tk'emlúps te Secwe̓pemc, Rosanne Casimir, a demandé au gouvernement fédéral et aux congrégations religieuses de rendre publics tous les registres et documents relatifs aux pensionnaires.

Afin d'identifier les victimes, la communauté Tk'emlups a appelé le gouvernement canadien et les Oblats de Marie-Immaculée (la congrégation catholique qui gérait le pensionnat pour le compte des autorités canadiennes) à partager toutes les informations en leur possession susceptibles d'aider à identifier les enfants ayant fréquenté le pensionnat de Kamloops, ouvert de 1890 à 1978.

«Nous demandons au premier ministre Justin Trudeau et au gouvernement canadien de partager les registres de fréquentation scolaire», a expliqué Rosanne Casimir, la cheffe de la communauté.

«J'ai parlé au premier ministre Justin Trudeau et je lui ai fait part de notre requête juste et raisonnable d'avoir plus de ressources et de financement pour retrouver nos enfants et les ramener à la maison», a-t-elle ajouté.

Ce processus d'identification devrait prendre d'autant plus d'importance que le Canada doit s'attendre à découvrir d'autres tombes d'enfants autochtones.

Lundi, la Première Nation Penelakut a annoncé avoir trouvé au moins 160 tombes non identifiées et non documentées près de l’ancien pensionnat autochtone de l'île Kuper, aussi en Colombie-Britannique.

Alors qu’en juin, la communauté de la Première Nation de Cowessess a retrouvé 751 tombes anonymes près de l’ancien pensionnat de Marieval, en Saskatchewan.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.